PÉKIN, 21 juillet (Le Parisien Matin) – Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a rencontré mardi une délégation du Parlement européen à Pékin afin d’évoquer les déséquilibres commerciaux entre la Chine et l’Union européenne, tout en appelant les deux parties à privilégier un partenariat durable malgré les tensions économiques et géopolitiques croissantes.
Cette visite de trois jours marque la reprise des échanges institutionnels entre Pékin et Bruxelles après plusieurs années de relations tendues. Les discussions interviennent alors que l’Union européenne étudie de nouvelles mesures commerciales pour réduire son déficit vis-à-vis de la Chine et souhaite obtenir des avancées concrètes lors des prochaines consultations économiques prévues d’ici octobre.
Wang Yi appelle à un partenariat durable
Selon le ministère chinois des Affaires étrangères, Wang Yi a affirmé que la Chine et l’Union européenne devaient promouvoir un « équilibre dynamique ascendant » de leurs relations commerciales dans une perspective de long terme.
Le chef de la diplomatie chinoise a insisté sur le fait que Pékin et Bruxelles demeuraient des partenaires dont les intérêts étaient étroitement liés. Il a également estimé que les différends devaient être traités dans le cadre de cette relation de partenariat plutôt que d’alimenter une logique de confrontation.
« La Chine et l’Europe sont des partenaires plutôt que des rivaux. »
Le ministre a également invité les parlementaires européens à développer une perception qu’il juge plus rationnelle et objective de la Chine afin de favoriser des politiques positives au sein de l’Union européenne.
Une mission européenne centrée sur les tensions commerciales
La délégation est composée de huit membres de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, sous la présidence de David McAllister. Après Pékin, les élus doivent poursuivre leur déplacement à Shanghai où ils rencontreront des responsables locaux ainsi que des représentants du secteur technologique.
Les échanges portent notamment sur les déséquilibres commerciaux, les conséquences géopolitiques de la guerre en Ukraine, les droits humains, la stabilité de la région indo-pacifique ainsi que le développement de l’intelligence artificielle.
Cette mission constitue la première visite officielle de cette commission parlementaire en Chine depuis la suspension des échanges institutionnels en 2021.
Bruxelles accentue la pression économique
L’Union européenne considère que le déficit commercial avec la Chine continue de se creuser. Les données européennes font état d’un excédent commercial chinois proche de 360 milliards d’euros enregistré en 2025.
Face à cette situation, Bruxelles examine plusieurs instruments destinés à protéger son marché intérieur. Parmi les mesures déjà engagées figurent la réduction des quotas d’acier bénéficiant d’une franchise douanière ainsi que l’application de nouveaux frais douaniers sur les petits colis importés depuis le 1er juillet.
Les autorités européennes envisagent également de limiter l’accès des entreprises chinoises à certains projets d’infrastructures critiques et de renforcer la priorité accordée aux produits européens dans les marchés publics.
Des discussions attendues avant octobre
Les relations commerciales entre Pékin et Bruxelles devraient se poursuivre dans le cadre du mécanisme de consultation sur le commerce et les investissements prévu plus tard cette année.
Le commissaire européen chargé du commerce, Maros Sefcovic, a déjà indiqué que l’Union européenne souhaitait parvenir à des résultats tangibles d’ici octobre.
Au-delà des questions économiques, Wang Yi a présenté la position chinoise sur plusieurs dossiers internationaux, notamment la guerre en Ukraine, les droits humains et l’intelligence artificielle. Il a également réaffirmé la volonté de Pékin de renforcer la coordination avec l’Europe dans les affaires mondiales.
Des responsables chinois ont par ailleurs rappelé que la Chine ne considérait pas être à l’origine des difficultés commerciales européennes et soutenaient qu’elle pouvait contribuer à résoudre ces déséquilibres dans le cadre d’un dialogue renforcé entre les deux partenaires.


