TEL-AVIV, 3 juin (Le Parisien Matin) – Le ministre israélien des Finances a annoncé l’ajout de 2 000 nouveaux logements dans des colonies de Cisjordanie. Cette expansion, largement jugée illégale par la communauté internationale, compromet la solution à deux États et attise les tensions, ces territoires étant destinés à former un futur État palestinien indépendant.
Un projet de colonisation en Cisjordanie
Le comité de planification israélien a validé précisément 2 162 nouvelles unités de logement. Ce plan prévoit 1 006 unités près de Jérusalem, 922 à proximité de la ville palestinienne de Naplouse et 234 aux abords d’Hébron. Bezalel Smotrich, figure centrale de cette politique, a justifié ces mesures en affirmant vouloir renforcer le contrôle israélien sur la région. Pour de nombreux observateurs, cette colonisation de Cisjordanie vise à empêcher toute continuité géographique pour un futur État palestinien, rendant la solution à deux États de plus en plus théorique.
Des tensions diplomatiques accrues
La réaction internationale ne s’est pas fait attendre. Le bureau du président palestinien Mahmoud Abbas a vivement dénoncé une politique jugée provocatrice, appelant les États-Unis à agir pour stopper ce que les autorités palestiniennes qualifient de folie. Si l’administration américaine a été historiquement moins critique que d’autres puissances, la pression mondiale s’intensifie. En parallèle, plusieurs pays européens ont imposé des sanctions ciblées contre certains ministres israéliens et organisations extrémistes. Ces mesures incluent des gels d’avoirs et des interdictions de voyager, visant directement les responsables de cette colonisation de Cisjordanie.

Les enjeux juridiques et la CPI
Le contexte est également marqué par des procédures judiciaires internationales. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) aurait déposé une demande secrète de mandat d’arrêt contre Bezalel Smotrich, soupçonné de crimes contre l’humanité dans les territoires occupés. Le ministre, déjà sous le coup de sanctions occidentales, a qualifié ces manœuvres de déclaration de guerre. Cette escalade autour de la colonisation de Cisjordanie intervient alors que les tensions sécuritaires locales atteignent des niveaux critiques, exacerbées par une volonté affichée d’établir des faits accomplis sur le terrain.
« Nous continuons à bâtir la terre d’Israël dans la pratique », a déclaré Bezalel Smotrich, soulignant son intention d’ancrer durablement la présence israélienne.
Cette stratégie de colonisation de Cisjordanie repose non seulement sur la construction physique, mais aussi sur une restructuration administrative visant à transférer les pouvoirs civils aux mains de responsables politiques ultranationalistes. Le gouvernement de Benjamin Netanyahu, largement composé de figures favorables à ces expansions, semble déterminé à poursuivre cette trajectoire malgré les mises en garde répétées de ses alliés arabes, comme les Émirats arabes unis, qui ont fait de l’absence d’annexion formelle une ligne rouge diplomatique.
La situation actuelle illustre une fracture profonde entre les ambitions territoriales du gouvernement israélien et les normes du droit international. Alors que les appels au gel des activités s’accumulent, la poursuite de cette colonisation de Cisjordanie fragilise un peu plus les perspectives d’une paix durable. La communauté internationale, via ses instances onusiennes, continue de réitérer que ces activités n’ont aucune validité légale et constituent un obstacle majeur à la stabilité régionale.


