PARIS, 5 juin (Le Parisien Matin) – La France est sous le choc après la découverte du corps de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers. Cette affaire révèle des défaillances judiciaires graves, le suspect étant déjà visé par plusieurs plaintes pour viols restées sans suite.
Un suspect au profil inquiétant
L’homme placé en garde à vue, un père de famille de 41 ans, était déjà connu des services de police. Malgré plusieurs signalements, le système judiciaire français n’est pas parvenu à neutraliser cet individu. Selon la procureure Clémence Meyer, une plainte pour viol sur mineure en 2020 avait été classée sans suite en 2024 faute de preuves suffisantes, illustrant une difficulté récurrente à faire valoir la parole de l’enfant.
Le poids des lenteurs administratives
L’analyse des faits révèle que le suspect faisait l’objet d’une enquête active pour des faits répétés de viol sur une autre mineure entre 2024 et 2025. Durant cette période, les failles du système judiciaire français ont provoqué un blocage majeur : le dossier a fait l’objet d’un transfert entre les juridictions d’Auch et de Montauban, s’égarant durant neuf mois dans des méandres bureaucratiques. Cette inertie a empêché la mise en place d’une surveillance judiciaire, permettant à l’homme de rester en liberté.
La dématérialisation en question
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a qualifié ces dysfonctionnements d’inacceptables. L’enquête interne pointe notamment l’utilisation du format papier pour le transfert des dossiers sensibles, une méthode obsolète entraînant des retards incompatibles avec l’urgence de la protection des mineurs. Le ministre a reconnu une carence grave :
« Nous sommes tous terrifiés par ce dysfonctionnement. »
Une défaillance des autorités policières
En plus des lenteurs judiciaires, les ordres donnés aux forces de l’ordre pour interpeller et interroger le suspect concernant les faits de 2024 n’ont jamais été exécutés. Cette absence d’intervention sur le terrain a laissé le suspect évoluer librement dans la région. Ce constat renforce l’idée que les failles du système judiciaire français sont autant organisationnelles que culturelles, marquées par une sous-estimation persistante des signalements impliquant des enfants.
Réactions au sommet de l’État
Le président Emmanuel Macron, en déplacement à l’étranger, a exprimé son choc face à ce drame. Le gouvernement a ordonné une enquête administrative profonde et la convocation de l’ensemble des procureurs de France pour exiger une révision immédiate des priorités dans le traitement des abus sur mineurs. La mobilisation nationale souligne l’urgence de colmater les failles du système judiciaire français pour éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise.


