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Europe

Seul un Européen sur dix considère désormais les États-Unis comme un allié

Daniele PepePar Daniele Pepemercredi, 10 juinAucun commentaire3 Min Temps de lecture
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Un Européen sur dix considère les États-Unis comme un allié
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PARIS, 10 juin (Le Parisien Matin) – La confiance des citoyens européens dans les garanties de sécurité offertes par les États-Unis a atteint un niveau historiquement bas. Selon un récent sondage publié par le Conseil européen pour les relations étrangères (ECFR), à peine un Européen sur dix perçoit désormais les États-Unis comme un allié partageant les mêmes valeurs et intérêts.

Un effondrement de la confiance transatlantique

Le sentiment général a radicalement évolué en l’espace de quelques mois. En novembre 2024, 22 % des sondés considéraient encore Washington comme un allié indéfectible. Ce chiffre a chuté à 16 % il y a six mois, pour s’établir aujourd’hui à 11 %. Ce constat, relayé par les experts, souligne une méfiance profonde au sein de la population. Désormais, une majorité d’Européens doute ouvertement de la volonté américaine de leur venir en aide en cas d’attaque militaire sur le continent.

L’administration actuelle, sous la présidence de Donald Trump, est largement perçue comme un facteur d’instabilité. Les politiques agressives au Moyen-Orient, les menaces proférées à l’encontre du Groenland et le scepticisme affiché envers l’avenir de l’OTAN ont nourri ce désenchantement. Si beaucoup d’Européens espèrent une amélioration des relations après le départ du président américain, le pragmatisme prend le dessus dans les choix stratégiques immédiats.

Un Européen sur dix considère les États-Unis comme un allié

Vers une autonomie de défense européenne

Face à ce qu’ils qualifient de manque de fiabilité des États-Unis, les Européens expriment une volonté croissante de prendre leur destin en main. Le sondage indique une augmentation du soutien aux dépenses nationales de défense, en hausse de 4 % par rapport à l’année précédente. Cette tendance à l’autonomie ne se limite plus aux discours politiques, elle s’ancre dans les attentes des citoyens.

Jana Kobzová, co-auteure de l’étude et chercheuse à l’ECFR, a souligné cette dynamique :

« À travers le continent, il existe un soutien clair pour réduire la dépendance vis-à-vis de Washington, les Européens étant de plus en plus ouverts à des dépenses de défense plus élevées et montrant une confiance frappante dans le fait que les pays voisins leur viendraient en aide en cas de crise. »

Priorité au matériel européen

La volonté de se détourner des États-Unis se traduit également par une préférence marquée pour le matériel militaire produit sur le sol européen. Dans quasiment tous les pays interrogés, une majorité de citoyens prône une réduction de la dépendance stratégique envers les équipements américains. Le slogan « acheter européen » gagne du terrain, avec des scores élevés au Danemark, aux Pays-Bas, en Suède, au Portugal, en France et en Suisse.

Cependant, cette montée en puissance de l’autonomie de défense rencontre des limites budgétaires. Si 47 % des Européens soutiennent l’idée d’un emprunt collectif de l’Union européenne pour financer la sécurité, l’idée de réduire les dépenses publiques domestiques pour augmenter les budgets militaires reste très impopulaire. L’opposition à une telle coupe budgétaire est particulièrement marquée en Italie, en Autriche et en Allemagne.

Malgré ces tensions, l’idée de remplacer l’OTAN par une structure de défense purement européenne peine à convaincre, recueillant seulement 29 % d’adhésion. La vision dominante reste celle d’un partenariat nécessaire avec les États-Unis, tout en préparant activement une stratégie de défense propre pour pallier les incertitudes actuelles.

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