STRASBOURG, 11 juin (Le Parisien Matin) – Le projet de loi sur les expulsions fait l’objet d’un vote crucial la semaine prochaine au Parlement européen. Ce texte, qui permet aux États membres d’expulser les demandeurs d’asile déboutés vers des pays tiers, devrait être facilement adopté mercredi.
Une majorité composée de forces de droite et du Parti populaire européen soutient ce projet de loi sur les expulsions, faisant suite à un accord politique conclu récemment entre les États membres.
Malgré cette domination de la droite, les forces politiques progressistes et de gauche tentent de modifier le texte avant le scrutin final. Leur objectif est d’atténuer les restrictions contenues dans ce projet de loi sur les expulsions par le biais de nouveaux amendements. Le texte a suscité de vives critiques, notamment en raison de la création de centres de retour dans des pays étrangers. La nature exacte de ces infrastructures demeure toutefois floue.
Le concept central prévoit que ces centres seront réservés aux personnes dont la demande d’asile a été rejetée et qui ont reçu l’ordre de quitter le territoire européen sans pouvoir retourner dans leur pays d’origine. L’Union européenne souhaite ainsi déléguer la gestion de ces individus à des pays tiers jusqu’à leur destination finale. L’Autriche, le Danemark, l’Allemagne, la Grèce et les Pays-Bas dirigent actuellement cette initiative.
L’opposition tente désormais de protéger les plus vulnérables. Fabienne Keller, eurodéputée française du groupe Renew Europe, a proposé une exemption pour les enfants et leurs familles. Elle a exprimé ses craintes concernant la précipitation autour du projet de loi sur les expulsions, le qualifiant d’idéologique.
« Envoyer des familles et des enfants vers des centres de retour dans des pays avec lesquels ils n’ont aucun lien est un échec », a-t-elle déclaré.
Cette proposition vise à modifier le texte avant son passage en commission des libertés civiles, prévu lundi soir. Le délai très court pour le dépôt des amendements illustre l’urgence de la procédure législative. Des spéculations subsistent sur le vote final des élus de Renew Europe si l’amendement de Keller venait à être rejeté.
Actuellement, une coalition de droite appelée « majorité Venezuela » rassemble 377 voix. Avec l’appui probable des députés non-inscrits, le projet de loi sur les expulsions semble en bonne voie pour être validé. Face à cette situation, la gauche, qui compte 311 sièges, espère encore influencer le résultat final sur le projet de loi sur les expulsions. Si le texte est adopté comme prévu, le projet de loi sur les expulsions marquera un changement majeur dans la gestion migratoire européenne. Les regards seront tournés vers Strasbourg mercredi pour ce vote définitif sur le projet de loi sur les expulsions qui divise profondément l’hémicycle.


