WASHINGTON, 26 juin (Le Parisien Matin) – Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a annoncé vendredi depuis Washington un accord-cadre tripartite entre Israël et le Liban. Ce document, signé au département d’État américain, marque une étape préliminaire vers la paix après cinq cycles de négociations intenses dans la capitale américaine, représentant les premières discussions politiques directes entre les deux nations depuis 1983.
L’ambassadeur d’Israël, Yechiel Leiter, et l’ambassadrice du Liban, Nada Hamadeh, ont officialisé ce texte visant à rétablir la souveraineté libanaise tout en garantissant la sécurité régionale. Marco Rubio a qualifié cette avancée comme étant « le début du début » d’un processus essentiel pour stabiliser les relations entre les deux pays voisins.
L’objectif central réside dans une approche basée sur la performance. Le mécanisme prévoit la mise en place rapide de « zones pilotes » sécurisées dans le sud du pays. Dans ces secteurs, les Forces armées libanaises devront assurer un contrôle territorial exclusif, en écartant toute présence d’acteurs non étatiques. Le succès du projet repose sur la capacité du Liban à sécuriser son territoire de manière autonome.
Le maintien du cessez-le-feu demeure strictement conditionné au respect d’exigences sécuritaires précises. Le Hezbollah doit cesser totalement ses activités offensives et procéder au retrait de ses membres du secteur situé au sud du fleuve Litani. Cette clause est cruciale, bien que le groupe paramilitaire n’ait pas participé aux négociations, ce qui laisse planer une incertitude sur l’application réelle des termes sur le terrain.
En arrière-plan, Washington et Paris travaillent sur la mise en place d’une coalition de surveillance internationale robuste. Ce dispositif ambitionne de dépasser les limites actuelles de la force onusienne présente au Liban. Les alliés occidentaux prévoient d’apporter un soutien logistique, financier et en renseignement aux forces libanaises afin de garantir l’exclusion effective des milices armées des zones frontalières.
La résolution des hostilités est perçue par les États-Unis comme un maillon indispensable pour sceller un accord de paix global avec l’Iran, suite aux conflits régionaux survenus plus tôt cette année. La sécurisation des infrastructures gazières offshore constitue également un moteur économique majeur pour cet accord.
Les travaux s’appuient sur les acquis de l’accord maritime de 2022, incluant le champ israélien de Karish et le prospect libanais de Qana. À l’avenir, les deux pays devraient maintenir des communications directes via la médiation américaine pour renforcer la confiance mutuelle. Le succès final de cette initiative dépendra de la capacité des parties à transformer ce cadre théorique en une réalité durable sur le terrain libanais.


