MOSCOU, 4 juillet (Le Parisien Matin) – Le ministère russe de la Défense a officiellement déclaré que ses forces armées avaient pris le contrôle de la localité de Kostiantynivka, située dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine. Cette annonce a été faite vendredi auprès du président Vladimir Poutine lors d’une visite dans un poste de commandement militaire. Cette ville était une cible prioritaire pour Moscou dans sa progression à travers le Donbass.
Le général Valery Gerasimov, chef d’état-major général des forces armées russes, a présenté un rapport détaillé sur le déroulement des opérations militaires, soulignant l’importance tactique de cette avancée. Selon les autorités russes, Kostiantynivka constituait l’un des piliers essentiels du système défensif ukrainien dans la zone fortifiée reliant Sloviansk et Kramatorsk.
« Les troupes du groupe ont libéré la ville de Kostiantynivka, l’un des principaux centres défensifs de l’ennemi au sein de la zone fortifiée Sloviansk-Kramatorsk-Kostiantynivka », a déclaré le général Gerasimov devant le président russe.
La prise de cette ville s’inscrit dans l’objectif affiché du Kremlin de sécuriser l’intégralité de la région de Donetsk. Le ministère russe de la Défense a diffusé sur la messagerie Telegram des images montrant des soldats russes hissant leur drapeau national devant des structures endommagées, confirmant ainsi leur présence sur le site. Pour sa part, le gouvernement ukrainien n’a émis aucun commentaire officiel concernant cette revendication russe sur la perte de Kostiantynivka.
Au-delà de la situation spécifique à Kostiantynivka, le commandement russe a abordé la question des frappes ukrainiennes à longue portée visant les infrastructures énergétiques et pétrolières sur le territoire russe. Vladimir Poutine a affirmé que les forces russes devaient impérativement accroître l’étendue des zones de sécurité en réponse à cette intensification des attaques.

Le président russe a souligné que plus les frappes sur les installations civiles russes seraient nombreuses, plus Moscou serait contraint d’établir une zone tampon élargie dans les territoires ukrainiens adjacents. Le général Yevgeny Nikiforov a confirmé que les troupes russes progressaient actuellement pour sécuriser ces zones frontalières, notamment dans les régions de Kharkiv et de Sumy.
Par ailleurs, les forces russes continuent d’exercer une pression accrue sur la ville de Lyman, située à environ 70 kilomètres au nord. Le haut commandement russe considère cette localité comme un point logistique déterminant pour faciliter de nouvelles avancées dans ce secteur du front oriental.
Depuis le début du conflit, désormais dans sa cinquième année, la région du Donbass demeure le cœur stratégique des ambitions militaires russes. Vladimir Poutine a insisté sur le fait que Kostiantynivka représente un centre industriel et logistique vital pour toute la zone. Malgré ces annonces, les autorités ukrainiennes, par la voix du président Volodymyr Zelenskiy, ont régulièrement minimisé l’ampleur des gains russes récents, affirmant que la progression des troupes de Moscou avait ralenti de manière significative depuis le début de l’année.
Le dirigeant russe a rejeté ces affirmations de Kiev, les qualifiant d’opération d’information visant à masquer la réalité du terrain. Alors que les tentatives de médiation internationale, notamment celles facilitées par les États-Unis, restent en suspens, les regards se tournent vers les prochains mouvements diplomatiques attendus. Les deux parties au conflit ont toutefois indiqué qu’elles anticipaient prochainement une visite des négociateurs Steve Witkoff et Jared Kushner, dans l’espoir d’évaluer les perspectives d’une potentielle résolution pacifique.


