LONDRES, 10 juillet (Le Parisien Matin) – La Haute Cour de Londres a rendu une décision vendredi concernant le traitement des demandes d’asile. Le tribunal a jugé que le gouvernement britannique n’avait pas respecté le cadre légal en supprimant la possibilité pour les demandeurs d’asile de contester les décisions rejetant leurs allégations de traite des êtres humains avant tout renvoi.
Le ministère de l’Intérieur avait mis en place, en septembre dernier, des directives modifiées empêchant les individus dont le statut de victime de trafic n’était pas reconnu de faire appel avant leur expulsion. Cette mesure s’inscrivait dans le cadre de l’accord migratoire avec la France, qui permet au Royaume-Uni de renvoyer des personnes ayant traversé la Manche en échange de l’accueil de réfugiés.
Le juge Clive Sheldon a mis en exergue des statistiques sur l’efficacité des recours. En 2025, 79 % des personnes initialement déboutées de leur demande de reconnaissance en tant que victime de traite ont obtenu une décision positive lors d’un réexamen. Le tribunal a estimé que la procédure accélérée empêchait les personnes concernées de présenter des preuves médicales ou juridiques essentielles dans un délai raisonnable.
Les avocats des cinq demandeurs d’asile ayant porté cette affaire en justice ont salué la décision, tout en rappelant que de nombreuses personnes avaient déjà été éloignées vers la France sous l’ancien régime de directives. L’un des plaignants, dont l’identité est protégée, a témoigné de son expérience.
« Quand beaucoup d’individus entrent au Royaume-Uni pour chercher refuge et ont vécu beaucoup de situations difficiles, être maltraité davantage est tout simplement déchirant »
a déclaré l’un des plaignants dans une déclaration écrite.
Le gouvernement travailliste, qui cherche à réduire les traversées illégales, a annoncé son intention de faire appel de ce jugement. L’exécutif considère que les recours de dernière minute concernant l’esclavage moderne ne doivent pas entraver les opérations d’expulsion.
Cette décision intervient alors que le débat sur l’immigration occupe une place centrale dans la politique britannique. Le partenariat financier avec la France, d’un montant de 662 millions de livres sterling sur trois ans, inclut des mesures de surveillance accrue et de coopération policière sur les littoraux. En attendant l’issue de l’appel, le gouvernement devra ajuster ses procédures pour garantir le droit de recours des demandeurs d’asile.


