GRENADE, 18 août (Le Parisien Matin) – Un séisme de magnitude 4,8 a frappé la province mardi à 10H38 et a fait trois blessés légers, dont une jeune fille hospitalisée. L’épicentre a été localisé à Alhendin, à dix kilomètres au sud de la ville, selon l’Institut géographique national.
Une série sismique active depuis samedi
Le séisme a été le plus fort d’une série de secousses qui a touché la zone mardi matin, poussant les habitants à quitter les bâtiments pour se précipiter dans les rues. Une réplique de magnitude 4,2 a suivi à 11H34.
Les vibrations ont été ressenties jusqu’aux provinces voisines de Malaga, Jaen et Almeria. L’événement intervient après une secousse de magnitude 5 qui avait réveillé les habitants samedi peu après 1H.
Aucun blessé n’avait alors été signalé, probablement parce qu’il y avait moins de gens dans les rues, bien que certains bâtiments aient subi des dégâts.
Trois personnes ont été légèrement blessées, a précisé Antonio Sanz, principal responsable des services d’urgence de la région andalouse. Les secours ont reçu plus de 500 appels signalant des fissures, des chutes de débris et des voitures endommagées.
Une douzaine de demandes concernaient des crises d’angoisse.
« Tout s’est effondré autour de nous. C’était terrifiant ».
A écrit Cristina Ruiz Lopez, technicienne de laboratoire qui se trouvait dans un supermarché de Grenade au moment du séisme.
« En plus des fissures et autres dégâts, des cheminées s’effondrent, provoquant des dommages plus graves ».
A écrit Toni Quinones, assistante sociale de La Zubia, évoquant des pompiers travaillant sans relâche.
Les monuments touchés
A Grenade, la mairie a ordonné la fermeture de tous les bâtiments municipaux, sauf ceux assurant les services d’urgence, par mesure de précaution.
Des équipes de conservation ont entamé une inspection du palais de l’Alhambra, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’Alcazaba, forteresse historique et partie la plus ancienne, a été évacuée et l’accès aux palais nasrides suspendu.
Le Patronat a indiqué que les espaces ouverts du Partal et du Generalife restaient ouverts, les experts évaluant la situation zone par zone.
L’extérieur de l’église de San Miguel dans l’Albaicin a été bouclé après des dégradations sur le clocher. Des chutes d’éléments décoratifs ont touché l’église de La Magdalena dans le centre historique.
La mairie a renforcé la présence policière et bouclé les rues à risque de chutes de débris. Elle a exhorté la population à rester chez elle et « surtout, en cas de nouvelle secousse, à éviter de sortir et de se tenir le long des bâtiments », a déclaré Marifran Carazo.
Le gouvernement d’Andalousie maintient activé le Plan d’urgence sismique en niveau opérationnel 1. La Diputacion a fermé temporairement ses bâtiments administratifs, musées et installations sportives.
« Les experts soulignent qu’il est possible que les mouvements sismiques et les répliques se poursuivent dans la région ».
A averti Juan Manuel Moreno, président du gouvernement régional. Il a appelé à la « plus grande prudence », a ajouté Juan Manuel Moreno.
Une crise qui révèle la fragilité d’une ville sismique et patrimoniale
Grenade n’est pas une terre de séisme par hasard. La ville se trouve au cœur de la cordillère Bétique, à la jonction lente mais constante entre les plaques africaine et eurasienne.
Le bassin de Grenade est l’une des zones à l’aléa le plus élevé de la péninsule ibérique. Les sismologues parlent d’essaims sismiques plutôt que d’un choc isolé, une succession de secousses qui peuvent durer des semaines.
Cette crise rappelle que le risque est moins dans la magnitude brute que dans la vulnérabilité du bâti. L’Albaicin, quartier classé à l’UNESCO, cumule des constructions anciennes, des corniches non armées et des cheminées en maçonnerie traditionnelle. Ce sont précisément ces éléments qui sont tombés mardi, comme le signalent les habitants de La Zubia.
L’enjeu est aussi économique et symbolique. La fermeture même partielle de l’Alhambra, qui accueille plus de deux millions de visiteurs par an, montre comment un aléa naturel peut paralyser le cœur touristique de l’Andalousie.
Les autorités ont choisi une stratégie de précaution maximale : évacuer l’Alcazaba, boucler les rues, maintenir le plan sismique activé, tout en évitant la panique générale. C’est un équilibre délicat entre protection du patrimoine et continuité de la vie urbaine, dans une région où les répliques sont désormais la norme.


