PARIS, 26 juillet (Le Parisien Matin) – C’est une consécration historique pour la Normandie. Réunies ce dimanche à Busan en Corée du Sud, les instances de l’UNESCO ont officiellement inscrit les plages du Débarquement au patrimoine mondial de l’humanité. Une décision qui honore la mémoire du 6 juin 1944 et de tous ceux qui ont participé à la libération de l’Europe depuis les côtes du Calvados et de la Manche.
L’annonce a été faite lors de la 48e session du Comité du patrimoine mondial. L’organisation onusienne a justifié sa décision en décrivant le site comme « paysage culturel exceptionnel façonné à la fois par les événements de 1944 et par leur mémoire durable ». Cette inscription n’est pas seulement symbolique, elle reconnaît la portée universelle de ce rivage devenu lieu de recueillement international. Chaque année, les plages accueillent d’ailleurs des commémorations réunissant les dirigeants américains, britanniques, canadiens et français aux côtés des derniers vétérans.
Le périmètre classé est immense. Il s’étend sur plus de 80 kilomètres de côtes dans le nord-ouest de la France et englobe les cinq secteurs mythiques du Jour J, Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword. Au delà du sable, le classement intègre des lieux emblématiques associés à l’opération, comme la Pointe du Hoc, la batterie d’artillerie de Longues sur Mer, les vestiges du port artificiel d’Arromanches et les cimetières militaires qui surplombent la Manche. Au total, 156 115 soldats alliés avaient débarqué par mer ou avaient été parachutés derrière les défenses allemandes, venus des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada mais aussi de Belgique, de Norvège, de Pologne, de Grèce, de Tchécoslovaquie, de Nouvelle-Zélande, d’Australie et de France avec ses 177 commandos Kieffer.
Avec cette inscription, les plages du Débarquement rejoignent plus d’une cinquantaine de sites français déjà distingués, dont le Mont Saint Michel et le château de Versailles. L’objectif est désormais clair, préserver ce paysage fragile menacé par l’érosion côtière, la montée des eaux et la pression des projets industriels comme les parcs éoliens en mer. La responsabilité incombe aux autorités locales de garantir la sauvegarde de ces vestiges pour les générations futures et de transmettre l’histoire de ce tournant décisif de la Seconde Guerre mondiale, le plus vaste assaut amphibie jamais mené.


