LOS ANGELES, 26 août (Le Parisien Matin) – L’acteur britannique Tim Curry est décédé le mardi 25 août à son domicile de Toluca Lake. Il avait 80 ans. Il « est décédé paisiblement », a confirmé Marcia Hurwitz, sa manager et amie de longue date.

La cause exacte du décès n’a pas été communiquée. Né le 19 avril 1946 dans le Cheshire, il avait été révélé comme soprano d’église avant d’étudier le théâtre.

Une ascension fulgurante avec Rocky Horror

Il accéda à la célébrité mondiale en incarnant le Dr Frank-N-Furter, le scientifique flamboyant en corset de The Rocky Horror Picture Show en 1975. Le rôle, créé d’abord sur scène à Londres, devint culte au cinéma. Son don pour l’excentricité théâtrale et son charisme provocateur imposèrent le personnage dans la contre-culture.

Il terrifia une génération en devenant le premier Pennywise dans l’adaptation télévisée de It en 1990. Il marqua aussi les esprits en majordome Wadsworth dans Clue en 1985.

Il enchaîna les antagonistes mémorables dans Annie en 1982, Maman j’ai encore raté l’avion en 1992 et L’Île aux trésors des Muppets en 1996.

Formé à l’Université de Birmingham, il fut nommé trois fois aux Tony Awards pour Amadeus en 1981, My Favorite Year en 1993 et Spamalot en 2005. Parallèlement, sa voix grave et reconnaissable s’imposa dans l’animation.

Il remporta un Daytime Emmy en 1991 pour le Capitaine Crochet, prêta sa voix au Chancelier Palpatine dans Star Wars The Clone Wars et à Hexxus dans FernGully. Il lança le culte « Smashing ! », s’est souvenu Tim Curry, dans le rôle de Nigel Thornberry.

En juillet 2012, il fut victime d’un accident vasculaire cérébral majeur qui le laissa partiellement paralysé et en fauteuil roulant. Il se concentra alors sur le doublage pour jeux vidéo, livres audio et séries animées.

Il revint dans l’univers Rocky Horror en 2016 comme narrateur criminologue et continua de rencontrer ses fans lors de conventions. La police de Los Angeles intervint le 25 août à 23h20 pour une enquête après décès.

L’héritage d’un caméléon insaisissable

Ce qui frappe dans la trajectoire de Tim Curry, c’est qu’il n’a jamais été prisonnier de son rôle le plus célèbre. Là où d’autres se seraient enlisés dans le corset de Frank-N-Furter, lui en a fait un tremplin pour une carrière de contre-emploi permanent.

Curry incarnait une certaine idée du théâtre britannique exportée à Hollywood : la diction parfaite, le cabotinage assumé, le plaisir évident de jouer les méchants.

Du majordome hystérique de Clue au concierge véreux de Maman j’ai encore raté l’avion, il volait la scène sans jamais surjouer gratuitement. Chaque exagération était calculée, musicale.

Sa reconversion forcée après 2012 en dit long sur sa relation au métier. Privé de son corps d’acteur shakespearien, il conserva son instrument le plus puissant : cette voix de velours rauque qui pouvait passer du dessin animé pour enfants au Seigneur Sith.

Le fait qu’une nouvelle génération le connaisse uniquement comme Nigel Thornberry ou Palpatine prouve qu’il a réussi une seconde carrière que beaucoup d’acteurs valides ne parviennent pas à construire.

Rocky Horror restera, mais Curry laisse surtout le modèle d’un acteur culte qui a su rester digne, présent et aimé de son public jusqu’au bout, sans nostalgie amère.

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