PARIS, 30 août (Le Parisien Matin) – Alice Taglioni fut l’invitée de l’émission Un dimanche à la campagne diffusée le 30 août sur France 2. La comédienne, qui fêta ses 50 ans en juillet, y fut interrogée sur sa vie privée agitée, entre drame intime, reconstruction familiale avec Laurent Delahousse et équilibre préservé entre Paris et le Cap-Ferret.

Un parcours entre musique, mannequinat et cinéma

Elle commença la musique à l’âge de 4 ans. Elle intégra une section piano-études dans un lycée parisien, puis le Conservatoire national de musique.

Elle se confronta à l’exigence pointue du milieu classique. Elle décida alors de voler de ses propres ailes et enchaîna des petits emplois de serveuse, d’hôtesse et de pianiste de bar.

Elle s’orienta ensuite vers le mannequinat, qu’elle jugea trop conformiste. Elle remporta le concours Miss Corse en 1996, puis refusa de se présenter à l’élection de Miss France.

Elle assista à un cours de théâtre qui déclencha sa vocation. Une directrice de casting la repéra en cours d’art dramatique et lui offrit ses premiers rôles à la télévision, avant La Bande du drugstore de François Armanet.

Le drame de 2009 et la perte de Jocelyn Quivrin

En 2004, elle rencontra l’acteur Jocelyn Quivrin sur le tournage du film Grande École. De leur union naquit un fils, Charlie, au début de l’année 2009.

Le 15 novembre 2009, huit mois après la naissance de l’enfant, Jocelyn Quivrin mourut à l’âge de 30 ans. Il perdit le contrôle de sa voiture de sport sous une pluie torrentielle dans le tunnel de Saint-Cloud.

Alice Taglioni roulait sur la même autoroute, quelques minutes seulement devant lui ce jour-là. Face au deuil soudain, elle demanda à sa meilleure amie de s’installer temporairement chez elle pour surmonter l’effroi des nuits.

Elle exorcisa plus tard cette douleur dans son roman introspectif intitulé Un papa vivant. L’ouvrage aborda la résilience, la force des liens familiaux et la manière de se réinventer après l’épreuve.

Une famille recomposée avec Laurent Delahousse

En 2014, elle retrouva le bonheur aux côtés du journaliste et présentateur de France 2, Laurent Delahousse. Complices et soudés depuis plus de dix ans, ils formèrent un couple discret, loin des projecteurs.

Ensemble, ils eurent deux enfants. Leur fille Swann naquit en 2016, puis leur fils Lino en 2019.

Avec Charlie, le fils aîné d’Alice, et Liv-Helen et Sacha, les deux filles de Laurent Delahousse issues d’une précédente union, ils composèrent une tribu de cinq enfants. Alice Taglioni qualifia de « merveilleux » son rôle de belle-mère auprès des filles aînées du journaliste, déclara Alice Taglioni.

Une vie partagée entre Paris et le Cap-Ferret

Tout au long de l’année, la famille résida à Paris dans un appartement chaleureux doté d’un balcon, situé au cœur de la capitale. Ce fut leur base quotidienne.

Dès que l’occasion se présenta, notamment l’été, le couple s’échappa dans sa maison secondaire de la presqu’île du Cap-Ferret. Ce refuge girondin fut décrit comme leur sanctuaire absolu, préservé des paparazzis.

La zone fut secouée par les incendies de Gironde durant l’été 2026. La famille y conserva son havre de paix, à l’écart de l’agitation médiatique.

Le retour à la musique avec l’album ADN

À 49 ans, Alice Taglioni renoua avec ses premières amours. Elle publia son premier album studio intitulé ADN, conçu en collaboration avec le musicien Thibaut Barbillon.

L’opus de dix titres mêla piano-voix, poésie parlée et mélodies hybrides aux influences classiques et jazz. Il comprit les morceaux Synthèse, Hypersensible et Mon roi, dévoilés en live.

Elle confia le sens de ce virage tardif :

« À 49 ou 50 ans, ça peut être le début de quelque chose ».

Déclara Alice Taglioni. Elle annonça vouloir défendre ses compositions sur scène lors d’une tournée de concerts.

Parallèlement, elle ne délaissa pas les plateaux. Elle fut à l’affiche de la série en prises de vues réelles Lucky Luke sur Disney+ aux côtés d’Alban Lenoir, de la série Joseph de Lucien Jean-Baptiste, de la comédie Netflix Nice Girls et du film Charlie Willow.

La stratégie de la discrétion

Le parcours d’Alice Taglioni raconte autre chose qu’une simple success story à la française. Il raconte la manière dont une actrice a transformé chaque rupture en bifurcation maîtrisée, sans jamais capitaliser sur le pathos.

Ce qui frappe, c’est la cohérence de ses refus. Refus de Miss France après Miss Corse, refus du concertisme après le Conservatoire, refus de la surexposition après le drame de 2009. À chaque fois, elle quitta un système d’images figées – concours de beauté, classique élitiste, people – pour chercher un espace où elle pouvait contrôler le récit.

Son couple avec Laurent Delahousse fonctionne sur le même principe. Deux personnalités ultra-exposées qui ont fait de l’invisibilité une méthode de protection familiale.

Le choix du Cap-Ferret n’est pas anodin : ce n’est pas Saint-Tropez, c’est un lieu où l’on se cache sans se montrer caché. L’appartement parisien avec balcon, la maison secondaire sans portail médiatique, les cinq enfants élevés hors Instagram.

L’album ADN arrive à point nommé dans cette logique. À 50 ans, alors que l’industrie pousse les actrices vers des rôles de mères inquiètes, elle revient au piano, son langage premier, et impose un geste artistique autarcique. Ce n’est pas une reconversion, c’est un retour à l’envoyeur.

Elle ne demande pas la permission de commencer quelque chose, elle le constate. C’est là que son histoire privée devient politique : elle prouve que la seconde partie d’une vie de femme peut être un commencement, pas un épilogue.

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