EREVAN, 4 juillet (Le Parisien Matin) – La Cour constitutionnelle d’Arménie a officiellement rejeté, ce samedi 4 juillet, l’ensemble des recours déposés par l’opposition pro-russe visant à annuler les résultats des élections législatives du 7 juin. Cette décision marque la clôture définitive d’une séquence électorale tendue pour le pays.
Le président de la Cour, Arman Dilanyan, a confirmé que les sept pétitions déposées par divers groupes d’opposition n’avaient pas été retenues. Le jugement, immédiatement exécutoire, vient sanctuariser la réélection du parti Contrat civil, dirigé par le Premier ministre pro-occidental Nikol Pashinyan. Aucun appel n’est désormais possible, scellant ainsi l’issue du scrutin.
Les résultats officiels du scrutin
Le verdict de la haute juridiction confirme les chiffres certifiés par les autorités électorales. Le parti Contrat civil a obtenu 49,7 % des suffrages exprimés, lui garantissant une majorité confortable au parlement. Cette victoire est d’autant plus stratégique qu’elle permet au gouvernement d’atteindre une majorité qualifiée des trois cinquièmes, nécessaire pour d’éventuelles réformes constitutionnelles.
L’Alliance Arménie forte, soutien de la ligne pro-russe, arrive en deuxième position avec 23,3 % des voix. L’Alliance Arménie complète le trio de tête avec 9,9 % des suffrages. Ces résultats reflètent une polarisation marquée entre les forces politiques du pays sur l’orientation diplomatique à adopter dans les années à venir.
Les accusations de l’opposition
La contestation judiciaire faisait suite à une campagne marquée par des tensions significatives. Les forces d’opposition, emmenées par le bloc Arménie forte, avaient exigé l’annulation pure et simple du vote ou l’organisation d’un second tour, arguant de graves irrégularités. Leurs griefs portaient notamment sur des arrestations préventives visant leurs candidats et des allégations de pressions administratives.
La Cour a dû examiner ces plaintes après une période de recomptage intensif, ayant concerné 555 bureaux de vote à travers le pays. Bien que les débats aient été houleux, les magistrats ont estimé que les éléments apportés ne justifiaient pas une remise en cause de la sincérité du scrutin.
Le constat des observateurs internationaux
Le déroulement des élections a été scruté de près par les instances internationales, dont l’OSCE. Dans leur rapport, les observateurs ont admis l’existence de certaines anomalies isolées et de préoccupations liées au financement de la campagne. Toutefois, leur conclusion globale souligne la régularité du processus démocratique.
« Les observateurs internationaux ont reconnu quelques failles mineures mais ont jugé que les opérations de vote s’étaient déroulées de manière fluide et équitable dans la grande majorité des bureaux de vote » indique le rapport officiel.
Au-delà des aspects purement techniques, ce scrutin a été perçu par les analystes comme un affrontement géopolitique majeur. Le pivot pro-occidental amorcé par le gouvernement Pashinyan a suscité de vives réactions, les renseignements occidentaux ayant signalé des opérations visant à influencer le choix des électeurs arméniens durant la période pré-électorale.


