ALGER, 6 août (Le Parisien Matin) – Mehdi Laribi, cofondateur présumé et dirigeant majeur de la DZ Mafia, considérée comme l’organisation criminelle la plus dangereuse de France, a été arrêté en Algérie fin juillet 2026.
L’interpellation a été rendue publique mercredi par le ministre français de la Justice Gérald Darmanin, qui a salué la coopération d’Alger dans la lutte contre le trafic de drogue autour de la Méditerranée.
L’opération reposa sur un mandat d’arrêt français émis dans le cadre de l’Opération Octopus. Elle fut présentée comme une percée historique après des mois de tensions diplomatiques entre Paris et Alger.
Comme l’a écrit Laurent Berstecher :
« Mehdi Laribi, l’un des fondateurs présumés de la DZ mafia, une organisation criminelle basée à Marseille, a été arrêté en Algérie fin juillet ».
Un fondateur au passé d’enfant acteur
Le suspect est Mehdi Laribi, 36 ans, surnommé « Tic » en raison de son passé d’enfant acteur dans le cinéma français avant son basculement dans le crime organisé.
Il est présenté comme l’un des architectes de la DZ Mafia, acronyme de Dzair, nom local de l’Algérie. Le réseau est enraciné dans les cités nord de Marseille et s’est imposé comme le gang le plus violent de l’Hexagone.
Selon Laurent Berstecher :
« L’arrestation a été rendue publique mercredi par le ministre français de la Justice Gerald Darmanin, qui a salué le soutien et la coopération d’Alger dans la lutte contre le trafic de drogue autour de la Méditerranée ».
Une extradition rendue impossible
Mehdi Laribi détient la double nationalité franco-algérienne. La loi algérienne interdit strictement l’extradition de ses propres ressortissants.
Il ne put donc être remis à la France. Il fut placé sous contrôle judiciaire en Algérie, où les autorités françaises espèrent qu’il soit jugé pour des crimes commis sur le sol français.
Ce statut juridique illustra les limites de la coopération pénale malgré l’exécution du mandat. Il imposa une procédure locale plutôt qu’un transfèrement.

Un signal diplomatique fort
L’arrestation intervint après des visites de haut niveau de responsables français à Alger plus tôt dans l’année. Elle fut interprétée comme un signe de réchauffement bilatéral.
Les services de sécurité algériens exécutèrent le mandat pour priver les chefs de la drogue marseillais d’un refuge de l’autre côté de la Méditerranée. L’objectif fut de couper les filières transnationales.
Cette coordination marqua une volonté commune d’endiguer le narcotrafic. Paris salua une coopération inédite dans ce dossier sensible.
Guerre des clans à Marseille
La montée de la DZ Mafia fut définie par une guerre sanglante contre le clan rival Yoda. Le conflit transforma Marseille en zone de guerre et culmina en 2023 avec 49 meurtres liés au trafic de drogue en une année.
D’après les enquêteurs, l’étincelle fut une rencontre fortuite dans une boîte de nuit en Thaïlande en février 2023. Une dispute personnelle éclata entre Laribi et Félix Bingui, chef du Yoda Clan.
La DZ Mafia adopta alors des méthodes calquées sur les cartels mexicains. Elle recruta ouvertement des tueurs dès 14 ou 15 ans sur TikTok et Telegram, contre plusieurs milliers d’euros par contrat.
Le cartel diffusa des vidéos d’hommes cagoulés et lourdement armés derrière des draps siglés DZ Mafia. Comme le nota Laurent Berstecher :
« Ces vidéos fonctionnèrent comme des conférences de presse publiques pour revendiquer un territoire ou nier certains assassinats ».
Opération Octopus et chute du réseau
L’Opération Octopus fut lancée début 2024 par la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille. Elle visait à démanteler entièrement l’infrastructure de la DZ Mafia.
En mars, une vaste rafle mobilisa 900 policiers dans le sud de la France et aboutit à plus de 40 interpellations de cadres du cartel. Plus de 4 millions d’euros d’avoirs, soit environ 4,6 millions de dollars, furent saisis.
L’enquête révéla une structure en franchise. Pendant que Laribi gérait à distance depuis l’Algérie, trois détenus fortement cloisonnés, Amine Oualane, Gabriel Ory et Mahdi Zerdoum, continuaient d’ordonner assassinats et extorsions depuis leurs cellules.
L’arrestation de Laribi le 21 juillet 2026 marqua la quasi-décapitation du réseau originel. Son rival Félix Bingui avait déjà été capturé au Maroc. Les opérateurs emprisonnés furent transférés en quartiers d’isolement de haute sécurité, tandis que le renseignement craignit un vide du pouvoir autour du quartier des Bassens.


