PARIS, 6 août (Le Parisien Matin) – 1373 petits cours d’eau de France métropolitaine et de Corse ont présenté un écoulement interrompu ou un assèchement complet au 1er août, soit 43% du réseau surveillé, en raison d’une sécheresse historique, d’après les données diffusées par l’Office français de la biodiversité (OFB).
L’OFB a décrit l’état relevé comme
« la situation la plus critique jamais observée à cette période de l’année »
Selon des informations rapportées jeudi par la presse locale. Au total, 1 373 petits cours d’eau ont été concernés sur l’ensemble du territoire.
Une hausse rapide en un mois
Le nombre de cours d’eau touchés a augmenté de 554 unités par rapport au 1er juillet, d’après BFMTV.
Les relevés ont été effectués par le réseau de l’Observatoire national des étiages (Onde), qui a assuré la surveillance sur 3 230 stations réparties sur l’ensemble du territoire.
Cette progression rapide a illustré l’accélération de la sécheresse au cours du mois de juillet et la pression continue sur les milieux aquatiques.
« Toutes les régions sont touchées »
A affirmé l’OFB.
La dégradation s’est concentrée en particulier le long d’un couloir qui s’étend de la Vendée, à l’ouest, jusqu’au Grand Est, à l’est du pays.
L’OFB a également constaté que les effets de la sécheresse se sont étendus de manière croissante vers le centre-sud de la France.
Parmi les départements les plus affectés ont figuré la Creuse, la Vendée, la Loire-Atlantique, l’Aveyron, la Côte-d’Or, la Nièvre, les Deux-Sèvres et la Charente-Maritime.
Un niveau de dégradation inédit
La situation actuelle a dépassé celle de la sécheresse sévère de 2022, avec 112 cours d’eau supplémentaires signalés en assec ou en rupture d’écoulement.
L’état général du réseau a été qualifié de « plus de deux fois plus dégradé » qu’à la même période en 2025, selon l’OFB.
L’agroclimatologue Serge Zaka a estimé que l’été a semblé marquer un « tournant » pour les milieux aquatiques.
Il a jugé qu’il est devenu difficile d’éviter de parler d’effondrement écologique pour certaines parties des environnements aquatiques français, tant la pression sur la biodiversité a été forte.
Des impacts sur les nappes et les usages
Les cours d’eau asséchés n’ont plus assuré leurs fonctions essentielles, comme l’épuration naturelle de l’eau, la recharge des nappes phréatiques et la fourniture d’eau douce.
Les réserves souterraines ont également subi une forte pression. Au 15 juillet, 60% des niveaux de nappes ont été classés de modérément bas à très bas, selon le Bureau de recherches géologiques et minières. Ce taux a traduit une vulnérabilité accrue des ressources souterraines face au déficit de précipitations.
La pénurie d’eau a affecté l’agriculture, l’industrie, la pêche, la production d’énergie et l’alimentation en eau potable. Les étiages répétés ont menacé les espèces aquatiques et ont favorisé le remplacement de la faune native par des espèces invasives plus résistantes.


