MUNICH, 14 août (Le Parisien Matin) – Le Bayern Munich a acté une restructuration financière historique, présenté Ismael Saibari et accéléré son dégraissage, vendredi, à quelques jours de la reprise de la Bundesliga.

Une vente à 250 millions d’euros

Le conseil d’administration a vendu les derniers 5 % de parts de la Bayern München AG à l’entreprise allemande Viessmann pour 250 millions d’euros. Il s’est agi de la dernière tranche cessible du capital.

Le président Herbert Hainer a justifié l’opération par la nécessité de « sécuriser la puissance financière du club face à la domination économique de la Premier League anglaise ». La rentrée d’argent a permis de financer les investissements de l’ère Kompany sans endettement. Elle a pérennisé un partenariat mondial débuté en 2018.

Recruté pour 50 millions d’euros au PSV Eindhoven, le milieu offensif de 25 ans Ismael Saibari a été officiellement présenté à la presse vendredi.

L’entraîneur Vincent Kompany a voulu un profil capable d’« apporter de la percussion et de la créativité immédiate dans l’entrejeu ». Kompany a aussi mis en avant sa capacité à « amener de l’explosivité, de la polyvalence et de la percussion verticale ». Saibari a offert une alternative tactique au cœur du jeu et sur les ailes. Son arrivée a compensé le passif médical de certains cadres et a permis de préserver Jamal Musiala.

Dégraissage et départs

L’attaquant de 23 ans Armindo Sieb a été vendu définitivement au Los Angeles FC pour 500 000 euros. Il n’avait pas sa place en équipe première.

Le milieu portugais João Palhinha a été poussé vers la sortie. Le directeur sportif Max Eberl a dû alléger la masse salariale. Palhinha a lui-même souhaité retrouver l’Angleterre après un temps de jeu fluctuant durant la préparation.

Le comité présidentiel a validé le renouvellement à long terme de Max Eberl et du président du conseil Jan-Christian Dreesen. Jan-Christian Dreesen a évoqué la volonté de « rétablir une stabilité politique totale » après les tensions des saisons passées. La bonne collaboration entre Eberl, Dreesen et Kompany a convaincu le conseil de surveillance.

Vue extérieure de l'Allianz Arena à Munich sous un ciel bleu

Le bras de fer Palhinha

Le Bayern a refusé une offre de prêt d’Aston Villa pour João Palhinha. Le club a maintenu une position ferme.

Max Eberl a indiqué que,

« Le milieu défensif de 30 ans ne partira pas pour une énième pige temporaire ».

Les dirigeants ont exigé un transfert définitif à 30 millions d’euros minimum. Ils ont refusé de brader un joueur sous contrat.

Malgré la prolongation d’Eberl jusqu’en 2029 attendue, des tensions ont persisté entre Eberl et le directeur de football Christoph Freund, selon Kicker. Certains membres du conseil ont craint la formation de clans. Le conseil de surveillance du 25 août a dû pacifier la situation.

À 33 ans, Harry Kane a négocié une prolongation au-delà de 2027. Son salaire de 25 millions d’euros par saison n’a pas posé problème. Son entourage a réclamé un contrat jusqu’en 2030, le Bayern a préféré 2029 plus une année en option.

Le Bayern tourne une page sans l’avouer

Cette séquence de mi-août dit beaucoup plus qu’une simple actualité de mercato. En cédant ses derniers 5% à Viessmann, le Bayern a franchi une ligne symbolique qu’il s’était interdit de franchir depuis vingt ans. Le modèle 50+1 aménagé à la munichoise, avec Adidas, Audi, Allianz et désormais Viessmann comme garde-fous industriels, arrive à son terme capitalistique.

C’est un aveu lucide : même le champion d’Allemagne ne peut plus autofinancer la guerre des salaires face à la Premier League. Les 250 millions ne servent pas à acheter, ils servent à ne pas être décroché.

Sur le terrain, le choix Saibari est tout aussi révélateur. Kompany ne cherche plus un numéro 10 classique à la Musiala, il cherche des hybrides capables de multiplier les courses verticales et de couvrir trois postes. C’est une Bundesliga qui s’anglicise dans son exigence physique, et le Bayern s’y adapte avec un profil Eredivisie à fort volume.

Reste la faille politique. Prolonger Eberl et Dreesen en même temps que l’on documente un conflit Eberl-Freund, c’est la méthode bavaroise : verrouiller les contrats avant de régler les désaccords. Le conseil du 25 août ne sera pas une formalité, ce sera un tribunal interne pour décider qui aura réellement la main sur le recrutement des trois prochaines années.

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