LONDRES, 21 juillet (Le Parisien Matin) – Le Canada a signé un accord pour devenir le premier pays observateur du programme d’avion de chasse de sixième génération mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon.
L’annonce a été faite à Londres où le ministre canadien de la Défense nationale, David McGuinty, a rencontré son homologue britannique Wes Streeting ainsi que leurs partenaires italien et japonais. Ce statut octroie à Ottawa un accès privilégié aux discussions classifiées sur le développement des capacités, la collaboration industrielle et les plans de livraison à long terme du Global Combat Air Programme.
L’accord ne comporte aucun engagement financier ni obligation d’achat pour le gouvernement canadien à ce stade. Cette décision s’inscrit dans la stratégie du Premier ministre Mark Carney visant à diversifier les approches de défense du pays.
Une technologie de sixième génération visée pour 2035
Lancé en 2022 par Londres, Rome et Tokyo, le programme vise à concevoir un appareil furtif opérationnel d’ici 2035. Le projet est mené par le groupe britannique BAE Systems, le japonais Mitsubishi Heavy Industries et l’italien Leonardo.
L’appareil est conçu pour fonctionner aux côtés des avions de cinquième génération comme le F-35 et pour intégrer des drones autonomes commandés directement depuis le cockpit.
Il utilisera également l’intelligence artificielle pour fusionner les données de combat face à l’évolution rapide des menaces mondiales. Les responsables militaires estiment que les technologies de cinquième génération deviennent plus facilement détectables par des adversaires comme la Chine ou la Russie.
Une intégration industrielle
Le commandant de l’Aviation royale canadienne, le lieutenant-général Jamie Speiser-Blanchet, s’est dite confiante quant à la possibilité pour le Canada de devenir un partenaire à part entière.
« Je pense qu’il est très faisable d’imaginer un monde où le Canada contribue puis, en fin de compte, emploierait cet appareil à l’avenir »
A déclaré Speiser-Blanchet dans une interview exclusive.
Le Canada pourrait également participer à des essais de plateformes dans l’Arctique pour s’assurer du fonctionnement des équipements dans les zones froides.
Le secteur industriel canadien cherche à vérifier si ses entreprises de défense peuvent obtenir des contrats pour fabriquer des composants du futur chasseur.Le ministre de la Défense a précisé que la démarche se fait étape par étape sans remplacer la flotte actuelle d’avions de combat.
Diversification militaire et relations internationales
Cette initiative intervient alors que le Canada réévalue ses approvisionnements d’avions F-35 américains et étudie la possibilité d’une flotte mixte incluant des Saab Gripen-E suédois.
Les tensions commerciales récentes avec les États-Unis poussent Ottawa à renforcer ses liens de défense avec l’Europe et d’autres nations partenaires. Les responsables du programme ont assuré que le nouvel appareil reste totalement interopérable avec les flottes alliées et les systèmes d’avions de combat américains.
BAE Systems a présenté un prototype de l’appareil lors du salon aéronautique de Farnborough pour illustrer l’avancée du projet. Les ministres des pays partenaires se sont félicités de cette alliance renforcée qui soutient l’innovation technologique et la sécurité commune.


