PEKIN, 9 juin (Le Parisien Matin) – Le ministère chinois des Affaires étrangères a exprimé son opposition formelle face à la décision de l’Union européenne d’autoriser ses navires de guerre à inspecter et arraisonner les pétroliers transportant du pétrole russe en Méditerranée.
Une opposition ferme de la Chine
La Chine juge que cette initiative européenne, visant à limiter les capacités russes, repose sur des bases juridiques contestables. Pour les autorités chinoises, ces actions s’apparentent à des sanctions unilatérales qui manquent de fondements en droit international. Le gouvernement souligne que ces opérations n’ont reçu aucune autorisation préalable du Conseil de sécurité des Nations unies.
« Nous appelons toutes les parties concernées à résoudre les problèmes par le dialogue et la consultation », a déclaré Lin Jian.
L’UE face à la flotte fantôme
Le cœur du différend réside dans l’expansion des pouvoirs opérationnels des navires de l’UE, notamment ceux opérant sous l’opération IRINI. L’objectif avoué est de cibler la flotte fantôme russe, constituée de pétroliers utilisant des structures de propriété complexes ou des données de localisation masquées pour contourner les restrictions occidentales. L’UE soutient que ces navires, souvent sans assurance adéquate, représentent un risque environnemental majeur.
Pour Bruxelles, cette nouvelle stratégie est nécessaire pour tarir les revenus qui financent les opérations militaires russes. Les autorités européennes affirment que le durcissement de l’application des sanctions est devenu indispensable face à l’échec des précédentes restrictions diplomatiques et financières. Cette montée en puissance des contrôles en mer marque un tournant dans la gestion des flux d’hydrocarbures en provenance de Russie.
Les zones de tensions maritimes
La pratique dite du « spoofing » ou du « digital ghosting » est au centre des préoccupations européennes. Certains pétroliers chargent du brut dans les ports russes tout en émettant des coordonnées GPS fictives, allant parfois jusqu’à cloner l’identité numérique de navires déjà mis au rebut. Cette fraude à l’identité maritime a poussé l’Union européenne à privilégier l’intervention physique en mer, malgré les critiques.
Pendant que l’UE justifie ses opérations par des impératifs de sécurité maritime et le respect des sanctions, plusieurs pays, dont la Chine, y voient une atteinte à la liberté de navigation. Pékin, en dénonçant ces sanctions pétrole russe, maintient sa ligne directrice axée sur la souveraineté commerciale. Ce contentieux souligne les frictions croissantes entre les deux puissances sur l’application des sanctions pétrole russe.
La question de l’inspection de ces navires transportant du pétrole russe devient ainsi un point de crispation diplomatique majeur. L’application des sanctions pétrole russe continue de diviser la communauté internationale, alors que chaque partie campe sur ses positions. La Chine estime que les sanctions pétrole russe nuisent au commerce mondial. Par ailleurs, les sanctions pétrole russe imposées par l’UE créent un précédent complexe en Méditerranée.


