BRUXELLES, 23 juillet (Le Parisien Matin) – Les représentants des États membres de l’Union européenne se sont accordés ce jeudi sur un 21e train de sanctions contre la Russie pour son invasion de l’Ukraine. Le paquet resserre fortement l’étau autour du système financier russe tout en actant un compromis de dernière minute avec la Grèce pour assouplir les restrictions prévues sur le gaz naturel liquéfié russe, condition nécessaire à l’unanimité.
Le secteur bancaire au cœur des mesures
Le cœur du dispositif vise 94 établissements financiers russes, principalement des banques, ainsi que la Bourse de Moscou. Une fois formellement adopté, ces entités seront soumises à l’arsenal complet des sanctions européennes, comprenant gel des avoirs, interdictions de voyager pour leurs dirigeants et blocage total des transactions.
L’objectif affiché par la Commission est de frapper le système financier au moment où l’économie russe montre des signes de vulnérabilité accrue sous l’effet des mesures précédentes. La procédure écrite d’adoption doit être lancée dès ce jeudi après-midi après finalisation du travail technique par les experts juridiques.
Le compromis sur le GNL pour satisfaire Athènes
L’accord n’a été possible qu’au prix d’une concession importante envers Athènes. La Grèce, qui domine le marché européen du transport de GNL et figure parmi les leaders mondiaux aux côtés du Japon, de la Chine et des États-Unis, s’opposait à l’interdiction pure des services de transbordement de GNL russe vers des pays tiers. Le texte final prévoit une exemption d’un an autorisant les compagnies européennes à poursuivre ces transferts, avec renouvellement automatique.
Selon Athènes, une interdiction immédiate n’aurait fait que déplacer les parts de marché hors d’Europe sans réduire les revenus de Moscou. En contrepartie, les États membres attendent une solidarité future de la Grèce sur d’autres dossiers sensibles. L’importation de GNL russe dans l’Union restera toutefois strictement interdite à compter du 1er janvier prochain.
Pétrole russe, flotte fantôme et cryptomonnaies sous pression
Autre mesure clé, le plafonnement du prix du pétrole russe est gelé pendant douze mois à 44,10 dollars le baril. Sans ce gel, la révision prévue aurait relevé le plafond en raison de la guerre en Iran, offrant à Moscou des revenus supplémentaires substantiels. Nous gelons l’ajustement du plafond pétrolier pour un an afin que la machine de guerre russe ne profite pas des chocs du marché, a déclaré la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
« Nous… gelons l’ajustement du plafond du prix du pétrole pendant un an, afin que la machine de guerre russe ne tire pas profit des fluctuations du marché »
A écrit la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur X.
Le paquet innove également en ciblant pour la première fois des navires soutenant directement la flotte fantôme russe et en élargissant l’interdiction de transactions à de nouvelles plateformes de cryptomonnaies et sociétés de négoce pétrolier. Cette extension vise à combler les failles utilisées pour contourner les sanctions existantes et confirme la stratégie européenne de tarissement financier progressif et méthodique du Kremlin face à la guerre.


