ATHÈNES, 23 juillet (Le Parisien Matin) – Le conseil gouvernemental pour les affaires étrangères et la défense, le KYSEA, doit approuver ce jeudi les contrats d’acquisition d’un système de défense aérienne multicouche fourni par Israël. L’enveloppe est estimée à 3,5 milliards d’euros, soit environ 4 milliards de dollars, d’après deux sources citées par Reuters. Une première validation de principe avait déjà été donnée plus tôt cette année. Le montant illustre l’ampleur de l’effort consenti par Athènes.
Le futur système doit répondre à un objectif clair : protéger l’espace aérien grec contre les missiles balistiques, les avions de combat et les drones. Baptisé Achilles Shield en référence au bouclier mythologique, il reposera sur des radars et des missiles développés par les groupes israéliens Rafael et IAI. Ces équipements constitueront le noyau d’une architecture multicouche destinée à remplacer progressivement les batteries américaines Patriot et les anciens systèmes russes S-300 encore en service.
Cet achat s’inscrit dans un plan de réarmement de grande ampleur. Le gouvernement grec prévoit de consacrer près de 28 milliards d’euros d’ici 2036 à la modernisation de ses forces armées. Le programme comprend notamment l’acquisition de jusqu’à 40 chasseurs F-35 américains ainsi que de frégates françaises et italiennes. La Grèce consacre près de 3,5 % de son produit intérieur brut à la défense, un taux supérieur à la moyenne des membres de l’OTAN, en raison notamment de ses tensions historiques avec la Turquie.
Au delà de l’aspect capacitaire, l’accord confirme le rapprochement entre la Grèce et Israël. Les deux pays entretiennent des liens économiques et diplomatiques étroits, opèrent ensemble un centre d’entraînement aérien sur le territoire grec et mènent des exercices militaires conjoints chaque année. Leur coopération s’étend déjà aux systèmes anti-drones et à la cybersécurité. L’an dernier, Athènes avait validé l’achat de 36 systèmes d’artillerie lance-roquettes israéliens pour environ 650 millions d’euros.
Selon un responsable proche des négociations,
« le KYSEA approuvera également l’achat de drones auprès des États-Unis et d’Israël ».


