MOSCOU, 23 juillet (Le Parisien Matin) – À Yevpatoriya, sur la côte ouest de la Crimée sous contrôle russe, les autorités locales ont réinstallé des téléphones publics dans les rues pour permettre à la population de joindre les secours en cas de besoin. Une initiative qui marque le retour d’un équipement disparu depuis l’ère des mobiles, alors que les communications sont régulièrement brouillées par les attaques ukrainiennes.
Les appareils permettent d’appeler directement la police et les secours sans passer par le mobile. Selon la mairie, plusieurs téléphones ont déjà été installés dans la ville, comme l’a constaté un témoin de Reuters. Ces cabines jaunes ou grises sont fixées sur des poteaux et accessibles gratuitement jour et nuit. L’objectif est d’assurer une liaison fiable quand les réseaux sont brouillés ou coupés pour des raisons de sécurité. La Crimée est régulièrement visée par des frappes ukrainiennes sur ses lignes d’approvisionnement, ses bases et ses infrastructures énergétiques.
Le déploiement intervient dans un contexte très tendu. Mercredi, les autorités ont annoncé que dix-sept civils avaient été blessés lors d’une attaque de drones nocturne à Yalta, dans le sud de la péninsule, où un immeuble a été touché. Kiev dit vouloir isoler la Crimée pour affaiblir l’effort de guerre russe. Moscou et Kiev assurent ne pas viser délibérément les civils. Annexée par la Russie en 2014 après sa prise à l’Ukraine, la Crimée n’est pas reconnue par la plupart des pays.
Destination prisée, la Crimée voit son quotidien perturbé. Les coupures d’électricité se multiplient et les pénuries de carburant, provoquées par les frappes de drones ukrainiens sur les chaînes d’approvisionnement et les raffineries russes, compliquent les déplacements. Les autorités ont dû annuler des colonies de vacances pour enfants et réduire les horaires des cafés et des transports en commun. Pour les habitants, ces téléphones publics représentent un filet de sécurité minimal malgré l’inquiétude ambiante. Un retour vers le passé qui rassure la population.
« Si ces appareils fonctionnent pendant les coupures de courant et que personne n’en a jamais besoin, comme possibilité supplémentaire de protection dans ce monde, c’est très bien »
Confie Maria Ushakova, résidente locale.


