KABOUL, 22 juillet (Le Parisien Matin) – Amnesty International a demandé mercredi l’ouverture d’une enquête indépendante après des frappes aériennes menées par le Pakistan. L’organisation non gouvernementale internationale qualifie cette offensive menée il y a quatre mois de crime de guerre potentiel.
Les bombardements avaient lourdement touché la capitale afghane, soulevant une vive émotion au sein de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains.
Les attaques aériennes ont causé la mort de 269 civils et fait 122 blessés. La mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan a confirmé ces bilans lourds pour la population locale. Le site visé était un centre de réhabilitation pour toxicomanes situé dans la zone est de la métropole. Islamabad avait de son côté affirmé avoir ciblé des infrastructures militaires et terroristes.
Analyse des preuves disponibles
L’organisation de défense des droits humains basée à Londres a indiqué n’avoir découvert aucun élément tangible pour étayer les déclarations du gouvernement pakistanais. Ses équipes ont épluché plus de soixante photographies et vidéos provenant du lieu du drame. Des images satellites ainsi que des entretiens menés avec des employés actuels et anciens du centre médical ont également fondé ce rapport.
L’examen minutieux des dossiers techniques et des témoignages visuels a permis d’écarter la piste d’un usage militaire du complexe sanitaire. Le site affichait des signalisations claires dans les langues locales permettant de l’identifier comme un établissement de santé. Les experts ont souligné l’absence de toute explosion secondaire caractéristique d’un dépôt d’armes ou de munitions sur les images des dégâts.
Les justifications d’Islamabad
Le ministère pakistanais des Affaires étrangères n’a formulé aucun commentaire immédiat à la suite de la publication du rapport de l’organisation. Au lendemain des faits, le ministre de l’Information Attaullah Tarar avait balayé les accusations de Kaboul. Il avait qualifié de mensonge l’affirmation selon laquelle un établissement hospitalier civil avait été touché par l’aviation militaire.
« Aucun hôpital, aucun centre de réhabilitation pour toxicomanes et aucune infrastructure civile n’ont été ciblés »
Avait déclaré le responsable politique par voie de communication officielle. Le pouvoir pakistanais a répété à plusieurs reprises que ses opérations répondaient à une recrudescence des attaques de militants basés sur le territoire voisin. Kaboul a rejeté l’ensemble de ces accusations de complicité.
Tensions frontalières persistantes
Ces frappes aériennes s’inscrivent dans un contexte d’affrontements armés récurrents entre les forces pakistanaises et le gouvernement des talibans en Afghanistan. Les patrouilles de sécurité des deux pays se font régulièrement face le long de la frontière commune. Les autorités pakistanaises estiment que leurs actions de représailles constituent une réponse légitime face à la menace sécuritaire intérieure.
La division Asie du Sud d’Amnesty International a rappelé que l’absence d’enquête transparente renforce le sentiment d’impunité dans la région. Les autorités locales continuent de réclamer des comptes aux instances internationales. La pression diplomatique s’accroît pour faire lumière sur les responsabilités exactes de ce drame humanitaire survenu au printemps.


