LONDRES, 26 juin (Le Parisien Matin) – Des millions de personnes suffoquent sous la pire vague de chaleur jamais enregistrée en Europe, selon des chercheurs. Ce phénomène exceptionnel, qualifié de plus sévère et étendu dans l’histoire de la région, place plus de 100 millions d’habitants sous un dôme de chaleur stagnant, avec des températures dépassant régulièrement les 35°C et des records historiques pulvérisés sur tout le continent.
Une étude d’attribution rapide publiée par le réseau scientifique World Weather Attribution confirme que cet événement extrême aurait été techniquement impossible il y a 50 ans. Les experts soulignent que le réchauffement climatique est le facteur déterminant de cette situation. Si un schéma atmosphérique similaire s’était produit en 1976, les températures diurnes auraient été environ 3,5°C plus fraîches qu’aujourd’hui.
L’Europe se distingue comme le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde. Les températures diurnes maximales en juin augmentent trois fois plus vite que la moyenne mondiale, tandis que les nuits deviennent de plus en plus chaudes, progressant deux fois plus vite que le rythme global. Les chercheurs ont formellement exclu l’influence du cycle El Niño, attribuant cette canicule à la combustion d’énergies fossiles.
La France a connu sa journée la plus chaude de son histoire nationale, avec un indicateur thermique moyen atteignant 30°C et des stations locales dépassant les 43°C. Au Royaume-Uni, le record de température pour un mois de juin a été battu pendant trois jours consécutifs, atteignant 36,4°C. En Suisse, la ville de Bâle a franchi la barre des 38°C, brisant un record vieux de huit décennies.
« L’événement aurait été virtuellement impossible il y a 50 ans sans le changement climatique induit par l’homme », ont déclaré les chercheurs.
Environ 45 % des 854 villes européennes suivies ont dépassé ou s’apprêtent à dépasser leurs seuils critiques de température humide, rendant difficile l’évaporation de la sueur et empêchant le corps de se refroidir naturellement. Les « nuits tropicales », durant lesquelles le mercure ne descend pas sous la barre des 20°C, empêchent toute récupération physique, augmentant drastiquement les risques de mortalité.
Des dizaines de décès ont déjà été signalés, incluant des enfants en France, parallèlement à une hausse des noyades accidentelles. Les alertes rouges restent actives à travers l’Europe occidentale et centrale. Cette chaleur extrême a provoqué la fermeture de plus de 1 000 écoles au Royaume-Uni, la déformation de routes en Allemagne, le flambage de rails en Suède et des pannes critiques sur des équipements hospitaliers en Angleterre.


