WASHINGTON, 26 juin (Le Parisien Matin) – Le président américain Donald Trump a lancé une menace directe contre les nations européennes mettant en place une taxe sur les services numériques. Il a annoncé vendredi l’instauration potentielle de droits de douane de 100 % sur l’ensemble des marchandises en provenance des pays concernés par cette fiscalité visant les entreprises technologiques américaines.
Cette déclaration intervient via la plateforme Truth Social, seulement vingt-quatre heures après la validation par l’Union européenne d’un accord commercial majeur avec les États-Unis. Ce traité, récemment négocié, prévoyait notamment un plafonnement des taxes sur les importations européennes à 15 %. La nouvelle posture de la Maison-Blanche remet en cause la pérennité de ces engagements diplomatiques et commerciaux.
La cible principale de cette mesure est la taxe sur les services numériques, un impôt que plusieurs capitales européennes appliquent aux revenus des géants de la tech tels qu’Amazon, Meta, Apple et Google. Pour le président américain, ces taxes constituent des entraves injustifiées au commerce international. Il estime que les règles européennes en matière de technologie et d’environnement nuisent directement aux exportations américaines.
Le président a déclaré :
« Tout pays qui imposerait une telle taxe se verrait immédiatement imposer un DROIT DE DOUANE de 100 % sur l’ensemble des marchandises expédiées vers les États-Unis d’Amérique.. »
Le message de Donald Trump précise que ces droits de douane annoncés prévaudront sur tout accord commercial existant, qu’il soit déjà signé ou en phase de déploiement. Cette position fragilise le compromis conclu lors des discussions tenues en Écosse, pourtant salué comme une avancée pour stabiliser les échanges transatlantiques. Les questions relatives à la fiscalité numérique avaient été volontairement exclues de ce pacte, devenant un point de blocage diplomatique majeur.
La France est particulièrement sous pression, ayant déjà instauré en 2019 une taxe de 3 % sur les revenus des grandes entreprises du secteur numérique. Le président français Emmanuel Macron a réitéré le droit souverain de la France à définir sa politique fiscale. De son côté, la Commission européenne a prévenu que toute mesure unilatérale américaine serait jugée injustifiée, promettant une réponse rapide pour protéger son autonomie commerciale.
La mise en œuvre de cette menace soulève des incertitudes juridiques, notamment après que la Cour suprême des États-Unis a invalidé certains tarifs douaniers globaux cette année. Toutefois, l’administration pourrait s’appuyer sur la section 301 du Trade Act de 1974. Ce levier juridique permet d’enquêter sur les pratiques fiscales étrangères et de justifier des représailles commerciales immédiates contre les pays ciblant les intérêts des entreprises américaines sur leur territoire.


