PARIS, 10 juin (Le Parisien Matin) – La France a officiellement lancé le développement d’une version multicouche du système SAMP/T NG intégrant les missiles ASTER et MICA VL, a annoncé le ministère des Armées à Paris. Ce contrat majeur, passé le 30 avril 2026 par l’OCCAR pour le compte de la DGA, marque une évolution décisive pour la protection du territoire national contre une diversité croissante de menaces aériennes.
Le projet a été confié au consortium Eurosam, réunissant MBDA et Thales. Cette configuration permettra au système SAMP/T NG de combiner, sous un commandement unifié, la portée étendue des missiles ASTER avec la réactivité du missile courte portée MICA VL. Cette intégration repose sur la fusion de la chaîne d’engagement du système VL MICA au sein même du centre de commande du SAMP/T NG.
Une capacité de réponse graduée
L’architecture du SAMP/T NG évolue pour offrir une réponse proportionnée à chaque type d’agression. Les modifications physiques et logicielles porteront sur le module d’engagement de nouvelle génération ainsi que sur le radar Ground Fire 300. Une fois modernisé, l’ensemble pourra coordonner des tirs combinant les missiles ASTER B1 et B1NT avec les versions infrarouges et électromagnétiques du VL MICA et du MICA NG.
Cette polyvalence est essentielle face à la prolifération des drones et des menaces complexes. Le système sélectionnera automatiquement l’effecteur le mieux adapté à la cible, optimisant ainsi le coût et l’efficacité de chaque tir. Comme l’indique le ministère : « Le but est une réponse proportionnée à un moment où les menaces aériennes augmentent en nombre et en diversité ».

Déploiement et montée en puissance
Les huit sections de SAMP/T NG prévues par la loi de programmation militaire 2024-2030 seront livrées à l’Armée de l’Air et de l’Espace dès 2030 dans cette configuration multicouche. Cette étape s’inscrit dans une série de succès pour le programme franco-italien. L’Italie a réceptionné ses premiers systèmes en janvier 2026, tandis que le Danemark a signé le premier contrat d’exportation au mois d’avril. La Suisse évalue également cette solution face aux retards rencontrés par d’autres programmes étrangers.
Le SAMP/T NG ne se limite pas à cette seule amélioration. L’architecture est conçue pour être évolutive. L’intégration future du missile MISTRAL 3 et de systèmes de lutte anti-drones, comme le RapidFire de 40 mm développé par KNDS France et Thales, est déjà prévue. Ces systèmes assureront la protection des bases aériennes contre les attaques par saturation.
Cette nouvelle capacité multicouche permet une gestion plus fine des ressources. L’emploi de missiles onéreux contre des menaces de faible valeur est ainsi limité par l’usage du MICA VL. Cette stratégie renforce significativement la résilience de la défense antiaérienne française face aux nouveaux standards de guerre électronique et de mobilité des cibles hypersoniques. Le programme, codéveloppé avec l’Italie, confirme la volonté européenne de bâtir des solutions souveraines et interopérables. La montée en puissance du SAMP/T NG positionne la France comme un acteur majeur de la protection aérienne sur le continent, capable de s’adapter aux évolutions technologiques les plus récentes du champ de bataille moderne.


