PARIS, 5 août (Le Parisien Matin) – Juillet a été comptabilisé comme le mois le plus chaud enregistré en France depuis le début des relevés en 1900, selon les météorologues.
Avec une température moyenne de 24,9 degrés Celsius, il a dépassé les précédents records, tandis que les précipitations ont chuté de près de 70 % sous la moyenne, provoquant des incendies dévastateurs.
Un record de chaleur inédit
Météo-France a annoncé mardi que la moyenne de juillet 2026 s’était établie à 24,9 degrés. Ce chiffre a surpassé les 24,8 degrés d’août 2003 et les 24,4 degrés de juillet 2006.
L’institut a précisé que le pays avait traversé sa deuxième canicule de l’année entre le 4 et le 19 juillet.
« Du 4 au 19 juillet 2026, la France a connu sa deuxième canicule de l’année, remarquable par sa durée (16 jours), après un premier épisode de fortes chaleurs en mai »
A déclaré Météo-France.
Cette vague de chaleur a compté parmi les plus longues observées. « Elle figure parmi les canicules les plus longues que la France ait jamais connues, après celles de juillet 1982, 23 jours, et de juillet 2006, 21 jours ».
Le long du littoral atlantique, notamment dans le sud de la Bretagne et en Aquitaine, les anomalies locales ont atteint jusqu’à 7 degrés au-dessus des normales saisonnières. Juillet a également été le deuxième mois de juillet le plus ensoleillé de l’histoire, derrière juillet 2022.
Une sécheresse historique
Juillet a été classé comme le troisième mois de juillet le plus sec jamais observé. Seuls juillet 2020 et juillet 2022 avaient été plus secs, avec un déficit record de 85 % de précipitations.
Météo-France, qui surveille le climat national sous diverses formes depuis 1878, a souligné que certaines villes comme Cannes, Amiens et Perpignan avaient reçu moins d’un millimètre de pluie en 30 jours.
L’organisme a établi un lien direct entre cette sécheresse et le risque d’incendie. « La sécheresse augmente la sensibilité de la végétation au feu », a indiqué Météo-France. « Les végétaux se dessèchent. Cela facilite non seulement le départ des feux, mais aussi leur développement et leur propagation », a-t-il poursuivi.
Des incendies d’une ampleur exceptionnelle
Les conditions de fournaise ont alimenté des feux à travers le pays. Selon le ministère de l’Intérieur, 120 000 hectares ont été dévastés depuis le début de l’été. Les autorités ont recensé 14 540 incendies ou départs de feu.
402 personnes, dont 156 mineurs, ont été interpellées en lien avec ces sinistres.
« Nous restons, bien sûr, extrêmement vigilants car les conditions météorologiques restent propices au déclenchement d’incendies », a affirmé Laurent Nuñez. Le ministre a ajouté :
« La situation s’améliore ».
Le plus important sinistre, le plus vaste depuis 1949, a débuté le 22 juillet près de Saumos dans le sud-ouest et s’est propagé au nord du bassin d’Arcachon. Un second foyer s’est déclaré le 23 juillet près de Biscarrosse, à 60 kilomètres. À eux deux, ils avaient brûlé environ 42 000 hectares au 27 juillet, soit quatre fois la superficie de Paris.
Vigilance maintenue et prévisions
Mercredi, Météo-France a placé 13 départements en alerte orange canicule, dont la Drôme, où un feu parti lundi a parcouru 280 hectares.
« Cependant, ce scénario est basé sur la moyenne trimestrielle et de courtes périodes de fraîcheur restent possibles »
A précisé Météo-France.
« Le scénario le plus probable pour les précipitations est un trimestre plus humide que la normale autour de la mer Méditerranée, y compris les régions françaises proches de la Méditerranée »
Une Europe touchée par les extrêmes
L’Europe a été frappée par des vagues de chaleur successives et une sécheresse majeure.
En Espagne, entre le 13 et le 28 juillet, environ 140 000 hectares ont brûlé lors de trois feux majeurs. Celui d’Ávila, provoqué par une utilisation négligente d’engin lourd, a ravagé 44 000 hectares.
En Grèce, plus de 12 000 hectares de forêts, de maquis et de terres agricoles ont brûlé en une semaine, selon des analyses du programme Copernicus de l’Union européenne.


