PARIS, 13 juin (Le Parisien Matin) – La Direction générale de l’armement a officiellement notifié le groupe MBDA le 2 juin 2026 pour le lancement du développement du missile nucléaire hypersonique ASN4G. Ce programme de quatrième génération est destiné à remplacer l’actuel ASMPA-R qui équipe les forces aériennes françaises.
Le déploiement opérationnel de cette nouvelle capacité est prévu pour l’horizon 2035, marquant une évolution majeure dans la doctrine de défense nationale.
Le missile sera intégré au futur standard du Rafale F5, ainsi qu’à la version marine, le Rafale M. Cette montée en puissance technologique vise à renforcer la crédibilité de la dissuasion aéroportée, répartie entre les Forces aériennes stratégiques et la Force aéronavale nucléaire. L’annonce intervient alors que la France renforce ses capacités militaires dans un contexte international marqué par des tensions accrues, notamment sur le flanc est de l’Europe.
Une avancée technologique majeure
Le choix de la vitesse hypersonique pour l’ASN4G répond à une stratégie précise d’évitement des systèmes de défense adverses. Les travaux initiaux de recherche, qui hésitaient entre la furtivité pure et la vélocité extrême, ont finalement conclu que la combinaison de la vitesse et de la manœuvrabilité offrait la meilleure protection contre les systèmes anti-missiles.
Le contre-amiral Hervé de Bonnaventure a souligné l’importance de ce choix technique lors d’une audition parlementaire. Il a expliqué que ces performances permettent de compliquer considérablement la tâche des radars de détection.
Selon lui, il est crucial de « faire en sorte que la vitesse et la manœuvrabilité soient la meilleure méthode pour atteindre la détection le plus tard possible, compliquer la tâche de poursuite d’un radar, voire son accrochage, et enfin, mettre en échec une attaque anti-missile ».

Intégration industrielle et souveraineté
Le développement de cet armement s’appuie sur le savoir-faire industriel français, maîtrisé par un nombre restreint de nations à travers le monde. Le PDG de MBDA, Éric Béranger, a confirmé sur les réseaux sociaux que ce contrat place l’entreprise au cœur de la future capacité de dissuasion aéroportée. Le futur Rafale F5, équipé de ce missile, servira d’outil décisif pour assurer la protection et la souveraineté du territoire en toutes circonstances.
Le projet ASN4G, bien que distinct des démonstrateurs technologiques précédents comme le projet Thémis, bénéficie des recherches en propulsion par statoréacteur. L’ASMPA-R, qui reste en service actuellement, a récemment prouvé sa fiabilité lors de l’exercice nucléaire Poker en mars 2026. La transition vers l’ASN4G représente une rupture technologique destinée à maintenir la supériorité opérationnelle française face aux menaces évolutives des prochaines décennies.
Vers une modernisation des forces
L’investissement dans ce programme s’inscrit dans une politique plus large de modernisation des moyens militaires, incluant des infrastructures au sol. Cette ambition reflète la volonté de Paris de maintenir une posture dissuasive robuste, capable de s’adapter aux technologies de défense les plus avancées. Le missile ASN4G ne sera pas seulement une mise à jour, mais une véritable nouvelle capacité de frappe stratégique.
La Direction générale de l’armement continue ainsi de piloter une transition complexe, passant des systèmes actuels vers une ère où la célérité des vecteurs devient le facteur clé de la survie en milieu hostile. En misant sur l’hypersonique, la France s’assure une place durable dans le cercle restreint des puissances capables de projeter une force nucléaire capable de pénétrer les boucliers anti-aériens les plus denses.


