dimanche, 6 septembre Magazine

PARIS, 5 septembre (Le Parisien Matin) – Le youtubeur et humoriste Grégory Guillotin a reconnu samedi 5 septembre les violences dont l’accusa son ex-compagne, alors qu’il fut visé par une plainte pour violences conjugales et harcèlement déposée en juin.

L’homme de 43 ans, connu pour ses caméras cachées dans l’émission Le Pire Stagiaire et suivi par près de 4,5 millions d’abonnés sur sa chaîne YouTube Greg Guillotin, publia un communiqué pour admettre les faits.

La reconnaissance publique

Dans ce communiqué, il déclara :

« Elle les a subies. Je ne vais ni les nier ni chercher à les justifier. J’ai honte ».

Selon Grégory Guillotin.

Il ajouta :

« Pendant des années, j’ai fait rire des millions de gens. Chez moi, à plusieurs reprises, j’ai aussi été violent avec la personne qui partageait ma vie. Les deux sont vrais. Les deux ont été moi. Je ne veux plus jamais être le second ».

Il précisa qu’il suivit depuis une thérapie et présenta ses excuses.

Le dépôt de la plainte

Son ex-compagne, âgée de 27 ans, déposa plainte le 17 juin auprès du tribunal judiciaire d’Evry, dans l’Essonne.

Elle y dénonça des violences physiques et psychologiques répétées qui se seraient étalées entre 2019 et 2026, durant leur relation.

Elle décrivit un système de surveillance, d’humiliation, d’insultes et d’emprise, selon la plainte consultée par l’Agence France-Presse.

Le parquet d’Evry indiqua qu’aucun service d’enquête n’avait été saisi à ce stade.

La chronologie des agressions présumées

Selon la plainte, les premiers coups furent portés en avril 2022 à leur domicile en banlieue parisienne.

Un coup de pied aurait été donné en décembre 2022 lors d’un séjour aux Maldives.

En 2023, lors d’un voyage au Maroc, l’humoriste l’aurait giflée et lui aurait asséné plusieurs coups de pied, avant de lui jeter un bol de céréales au visage.

Il lui aurait alors faussement affirmé avoir annulé son billet d’avion retour.

En 2024, elle évoqua un coup de poing porté au visage, au niveau de l’œil.

Le système de surveillance dénoncé

La plainte détailla un dispositif de contrôle installé au domicile conjugal.

L’année précédant leur séparation, Grégory Guillotin fit installer des caméras en prétextant surveiller un artisan intervenant à la maison.

« En réalité, ce système était aussi utilisé pour observer en permanence les faits et gestes » de sa compagne, fut-il écrit dans le document.

Le texte précisa qu’il lui adressait immédiatement des reproches lorsqu’elle se reposait, tardait à répondre à ses messages ou n’exécutait pas les tâches attendues selon ses critères.

L’avocat de la plaignante, Me Jean-Baptiste Riolacci, salua le courage de sa cliente.

Il déclara :

« Ma cliente a fait preuve d’un grand courage en dénonçant des années de coups, d’insultes et de dénigrement de la part de son ancien compagnon, rencontré sur les réseaux sociaux alors qu’elle n’avait que 19 ans et lui, 35. Aujourd’hui, elle redoute plus que tout que les actes dont elle a été victime se reproduisent sur d’autres femmes ».

Ce que révèle l’aveu de Grégory Guillotin

L’affaire Guillotin tranche avec le feuilleton habituel des violences conjugales impliquant des personnalités publiques. Ici, pas de dénégation, pas de contre-attaque judiciaire immédiate, pas de communiqué d’avocat qui invoque la présomption d’innocence.

L’humoriste choisit l’aveu nu, en deux phrases qui frappent par leur sécheresse. Dans un écosystème YouTube où la gestion de crise passe souvent par la victimisation ou le silence, cette reconnaissance frontale fait figure d’anomalie.

Elle interroge d’abord la mécanique de l’emprise décrite dans la plainte. Le couple s’est formé avec un écart d’âge considérable et un déséquilibre de notoriété : elle, 19 ans, rencontrée sur les réseaux ; lui, 35 ans, déjà installé.

Les faits dénoncés ne relèvent pas de l’explosion isolée mais d’un continuum : surveillance par caméras domestiques détournées, contrôle des temps de repos, des messages, des tâches.

C’est le répertoire classique du contrôle coercitif, documenté depuis longtemps par les associations, mais rarement exposé avec autant de détails matériels dans une plainte visant un créateur de divertissement familial.

Sur le plan judiciaire, la situation reste suspendue. Plainte déposée à Evry le 17 juin, aucun service saisi début septembre : ce délai, courant, rappelle l’engorgement des parquets sur ce contentieux et l’angle mort entre le temps médiatique et le temps pénal.

L’aveu public ne vaut pas reconnaissance juridique et ne déclenche pas automatiquement des poursuites. Il pourra en revanche peser dans l’appréciation du procureur.

Enfin, il y a l’après. Grégory Guillotin annonce une thérapie, un motif récurrent qui ne saurait tenir lieu de réparation. Son audience de 4,5 millions d’abonnés, bâtie sur le ressort de la caméra cachée et de la farce du stagiaire humilié, se retrouve confrontée à une autre forme d’humiliation, non jouée.

Pour les marques, les diffuseurs et la plateforme elle-même, la question ne sera plus seulement morale mais économique : peut-on continuer à monétiser le rire d’un homme qui reconnaît s’être rendu violent dans l’intimité.

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