SOFIA, 21 juillet (Le Parisien Matin) – Le ministère iranien des Affaires étrangères a formellement mis en garde la Bulgarie contre toute autorisation accordée aux forces armées américaines d’utiliser son territoire national pour mener des opérations militaires.
Cette tension diplomatique survient alors que le gouvernement bulgare s’apprête à solliciter l’approbation de son parlement national en vue de stationner jusqu’à huit avions ravitailleurs américains sur la base aérienne stratégique de Bezmer, située à environ deux cent soixante kilomètres au sud-est de la capitale Sofia.
Cette initiative intervient dans un climat d’extrême volatilité régionale, marqué par l’effondrement récent d’un accord de cessez-le-feu intérimaire conclu il y a tout juste un mois entre Téhéran et Washington.
Porteur d’un message de ferme réprobation, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmail Baghaei, a déclaré que toute activité facilitant les frappes de l’armée américaine équivaudrait à une complicité directe dans ce qu’il qualifie de crimes de guerre et d’agression caractérisée.
Les autorités iraniennes rappellent ainsi leur lecture juridique stricte des résolutions onusiennes régissant le soutien logistique à des actions armées menées contre un État souverain. Téhéran insiste sur le fait que la mise à disposition d’infrastructures militaires européennes expose directement les pays hôtes aux répercussions d’une escalade généralisée.
« Ne devenez pas un complice des agresseurs et des hors-la-loi. »
Du côté des institutions bulgares, la réponse politique s’organise face à la pression croissante exercée par les chancelleries occidentales et les exigences de l’Alliance Atlantique. La commission parlementaire de la défense a rapidement validé le projet d’accueil des aéronefs de type KC-135, s’appuyant sur l’accord de coopération de défense bilatéral signé dès deux mille six.
Les autorités de Sofia estiment que le stationnement temporaire de ces vectors de ravitaillement en vol, prévu entre la fin du mois de juillet et le début d’octobre, ne transforme en aucun cas le pays en belligérant direct dans le conflit en cours.
Néanmoins, le dossier soulève de vives discussions au sein de la classe politique bulgare, opposant les partisans d’une solidarité inconditionnelle au sein de l’OTAN aux formations politiques qui redoutent une exposition sécuritaire accrue.
Les dirigeants iraniens ont parallèlement intensifié leurs avertissements diplomatiques en direction d’autres partenaires régionaux, notamment la Turquie et l’Azerbaïdjan, afin d’empêcher l’utilisation de leurs espaces aériens respectifs. Alors que les frappes mutuelles s’intensifient entre l’Iran et les forces américaines, chaque mouvement logistique dans les Balkans et dans le Caucase est désormais scruté avec la plus grande attention par les services de renseignement internationaux.


