TEL-AVIV, 9 août (Le Parisien Matin) – Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a rejeté dimanche le plan en 15 points du Board of Peace proposé par le président américain Donald Trump pour Gaza. Il a déclaré que les forces israéliennes ne se retireraient pas tant que le Hamas n’aurait pas désarmé complètement et « véritablement », a déclaré Netanyahu.
Un rejet frontal du plan américain
Le plan avait été présenté le mois dernier par Donald Trump, qui avait annoncé une percée pour mettre fin à la guerre. Les deux parties avaient adhéré l’an dernier à un cadre ayant conduit à un cessez-le-feu.
Washington avait estimé que le Hamas, au pouvoir à Gaza près de vingt ans avant l’attaque du 7 octobre 2023, avait accepté de déposer les armes. Le rejet israélien a marqué un blocage majeur pour ce cadre soutenu par les États-Unis.
Le document prévoyait deux semaines pour s’accorder sur un calendrier de mise en œuvre.
Le désaccord a porté sur la séquence. Netanyahu a exigé un désarmement absolu, incluant armements lourds et légers, comme préalable à tout retrait.
Le Hamas a soutenu que la remise des armes restait conditionnée à l’arrêt de la campagne militaire israélienne et au repli de ses forces.
Cette divergence a empêché toute avancée diplomatique.
La gouvernance future de Gaza
Netanyahu a réaffirmé son opposition à toute souveraineté palestinienne future. Il a déclaré lors du conseil des ministres qu’aucun État palestinien ne serait établi ni à Gaza ni en Cisjordanie sous sa direction.
Cette ligne s’est opposée à l’objectif américain de confier l’administration quotidienne de Gaza à un comité technocratique palestinien.
Malgré le cessez-le-feu convenu en octobre dernier, les opérations localisées et les frappes aériennes israéliennes se sont poursuivies à Gaza.
Netanyahu a affirmé que les Forces de défense israéliennes continueraient leurs actions pour contrer les menaces contre les troupes et les civils.
Pressions internes et échéance électorale
Le Premier ministre a fait face à la pression de ses partenaires d’extrême droite. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et le ministre des Finances Bezalel Smotrich se sont opposés aux concessions.
Ils ont exigé que l’armée ne recule pas « d’un millimètre », a déclaré Ben Gvir.
Des analystes ont lié cette fermeté à la campagne pour sa réélection avant le scrutin national prévu le 27 octobre 2026.
Des responsables du Hamas ont affirmé rester alignés sur la feuille de route et ont appelé Washington à faire pression sur Israël.
Les médiateurs régionaux ont noté que sans coopération israélienne, le Board of Peace disposait d’un pouvoir très limité pour appliquer le plan.
Netanyahu a indiqué que les discussions restaient actives avec les responsables américains, mais qu’Israël « défendra ses positions » sur ses exigences de sécurité non négociables, a déclaré Netanyahu.


