KIEV, 9 août (Le Parisien Matin) – Le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy a annoncé samedi sur X qu’une décision avait été prise de déployer jusqu’à 50 000 soldats nord-coréens sur le territoire russe pour combattre aux côtés de Moscou. Ce chiffre marqua une hausse par rapport à son estimation de 30 000 soldats donnée en juillet, sans qu’il ne précise ses sources.
Un effectif revu à la hausse
Zelenskiy déclara :
« une décision a été prise de déployer 30 000 à 50 000 Nord-Coréens sur le territoire de la Russie ».
Cette nouvelle estimation dépassa celle de juillet et ne fut pas étayée par des détails sur son origine.
Selon les évaluations existantes, Pyongyang avait déjà envoyé environ 14 000 soldats dans la région de Koursk en 2024.
Ce contingent avait aidé Moscou à repousser une incursion majeure des forces ukrainiennes.
Un partenariat stratégique assumé
Le déploiement s’inscrivit dans le traité de partenariat stratégique global signé par Vladimir Poutine et Kim Jong Un lors de la visite du président russe à Pyongyang en juin 2024.
Le pacte comprit une clause d’assistance mutuelle en cas d’agression extérieure.
Pyongyang présenta son engagement comme une assistance à un partenaire lié par traité.
Zelenskiy souligna les gains militaires de Pyongyang. Il affirma :
« Il est absolument clair que la Corée du Nord continuera à développer son expérience de la guerre moderne, à recevoir des licences de la Russie et à recevoir toutes sortes d’outils militaires de leur part ».
Missiles et capacités balistiques
Le président indiqua que Kiev avait retrouvé des missiles nord-coréens sur le territoire ukrainien, sans dévoiler leur localisation.
Ce mois-ci, un responsable du renseignement militaire ukrainien déclara à Reuters qu’une unité de missiles nord-coréenne avait commencé à se déployer dans l’ouest de la Russie.
L’unité serait dotée de six lanceurs et de 120 missiles balistiques destinés à frapper l’Ukraine.
Selon des évaluations ukrainiennes et indépendantes, Pyongyang avait déjà livré à Moscou des millions d’obus d’artillerie et de mortier, des missiles balistiques et des systèmes de lance-roquettes multiples.
L’ambassade nord-coréenne en Russie ne répondit pas immédiatement à une sollicitation de Reuters.
Un appel direct à Séoul
Face à cette menace, Zelenskiy exhorta Séoul à renforcer sa coopération avec Kiev.
Il déclara que l’Ukraine « aimerait beaucoup recevoir le soutien de la Corée du Sud dans un domaine où nous avons une pénurie », en référence à ses systèmes de défense aérienne.
L’Ukraine fit face à une pénurie critique de défenses antiaériennes haut de gamme, que la Russie exploita en multipliant les tirs de missiles balistiques difficiles à intercepter.
Zelenskiy se dit prêt à élargir la coopération. Il affirma :
« Nous sommes prêts à travailler sur l’accord sur les drones et sur d’autres domaines également ».
Il précisa que les diplomates ukrainiens étaient en contact avec Séoul pour faire avancer de potentiels accords.
Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères ne répondit pas à une demande de commentaire hors des heures ouvrables.


