TEL-AVIV, 9 août (Le Parisien Matin) – Benjamin Netanyahu a rejeté dimanche le plan de paix en 15 points pour Gaza promu par Donald Trump et a affirmé que l’armée israélienne ne se retirerait pas du territoire tant que le Hamas n’aurait pas été désarmé de manière vérifiable.
Le Premier ministre provoqua une rare friction publique avec son allié américain. Le blocage porta sur la séquence entre le retrait militaire et le désarmement du mouvement islamiste.
Le séquençage au cœur du litige
Le projet fut porté par le Board of Peace de l’administration Trump. Il prévoyait un processus graduel. Le Hamas devait remettre son armement lourd, ses sites de production et une carte de ses tunnels à un Comité national pour l’administration de Gaza.
En parallèle, Israël devait cesser ses frappes et entamer un retrait par étapes de ses troupes, qui contrôlaient alors environ 60% de l’enclave.
Netanyahu écarta cette feuille de route. Il estima qu’elle ne correspondait pas à la position israélienne. Benjamin Netanyahu déclara :
« Ce n’est pas notre brouillon ».
Il conditionna tout repli à un désarmement complet et préalable. Benjamin Netanyahu exigea que le Hamas soit « véritablement » désarmé avant tout retrait.
Le Hamas se dit prêt à céder ses armes à une future autorité palestinienne. Il exigea toutefois que cela n’intervienne qu’après l’arrêt des opérations israéliennes, une hausse de l’aide humanitaire et un retrait total.
La posture s’inscrivit dans un contexte électoral tendu. Netanyahu fit face à une bataille pour sa réélection jugée très compétitive, prévue le 27 octobre.
Toute concession sur la sécurité fut jugée risquée. Des membres de l’extrême droite de sa coalition, comme Itamar Ben-Gvir, condamnèrent aussi la proposition.
Sa campagne reposa sur son image de diplomate capable de gérer la relation avec Washington. Une brouille ouverte aurait pu fragiliser ce capital auprès des modérés.
Les leviers de Washington
La Maison-Blanche ne considéra pas le rejet comme définitif. Donald Trump se serait dit « très déçu » par la position israélienne, selon un haut responsable américain.
L’administration privilégia la pression diplomatique et les négociations en coulisses. Les émissaires du Board of Peace présentèrent des alternatives pour modifier le calendrier des retraits.
Washington disposa de leviers concrets. Les États-Unis exercèrent déjà une pression qui conduisit l’armée israélienne à réduire ses offensives et à suspendre ses assassinats ciblés quasi quotidiens à Gaza.
L’administration envisagea aussi des échéances strictes de plusieurs mois pour la destruction des tunnels et le désarmement avant d’exiger des retraits territoriaux majeurs.
L’impasse coïncida avec une escalade régionale. En Iran, le Corps des Gardiens de la révolution islamique affirma que le détroit d’Ormuz ne serait pas rouvert tant que Washington n’accepterait pas les conditions de Téhéran.
Les Gardiens lièrent la levée du blocage naval américain à la réouverture de cette voie maritime cruciale. Cette exigence ajouta une complexité aux médiations qui tentèrent de combler le déficit de confiance entre les parties.


