MANILLE, 22 juillet (Le Parisien Matin) – Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré mercredi que l’Iran n’est pas sérieux dans les négociations pour mettre fin à la guerre, tandis que le conflit élargit perturbe deux des corridor énergétiques mondiaux les plus critiques. Cette déclaration intervient à Manille lors d’une réunion de ministres étrangers d’Asie du Sud-Est.
Quatre pétroliers transportant du brut saoudien vers l’Asie ont fait demi-tour en mer Rouge mercredi, un jour après que trois autres effectuent le même mouvement. Ces retours surviennent après les menaces des Houthis, alignés sur l’Iran et contrôlant la côte yéménite, de bloquer les exportations saoudiennes.
Rubio défend une riposte ferme
Le secrétaire d’État américain a précisé :
« Le problème auquel nous sommes confrontés actuellement, c’est qu’ils ne prennent pas les négociations au sérieux. S’ils sont sérieux, nous le serons aussi. S’ils ne le sont pas, alors nous ferons le nécessaire pour protéger nos intérêts, ainsi que ceux de nos alliés. »
Rubio a martelé que les États-Unis agiront si Téhéran ne montre pas une volonté sincère de négociation.
L’Iran cherche du levier pour négocier
Des médiateurs ont présenté à l’Iran une proposition pour un cessez-le-feu de dix jours, selon un haut responsable iranien qui s’est confié à Reuters lundi. Les analystes considèrent que les nouvelles menaces contre le transport maritime formulées par les Houthis mardi constituent une manœuvre tactique de Téhéran pour renforcer sa position.
Mahmoud Shehrah, associé du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord au think tank britannique Chatham House, estime que
« Téhéran tente de se créer un moyen de pression en vue des négociations. »
Cette proposition vise à sauver un accord de cessez-le-feu intérimaire signé par Washington et Téhéran en juin. Le ministre iranien de l’Intérieur Eskandar Momeni s’est rendu au Pakistan, médiateur de la crise, pour demander la poursuite de ses efforts.
Les routes énergétiques sous tension
Avec l’Iran menaçant déjà le transport maritime via le détroit d’Ormuz, des millions de barils de pétrole saoudien par jour se dirigent désormais vers le port de Yanbu en mer Rouge. La route septentrional via le canal de Suez ajoute plusieurs semaines aux livraisons.
Le Pakistan a fortement condamné mercredi la menace houthie de bloquer les exportations saoudiennes d’or noir, affirmant que bien qu’il reste engagé dans le dialogue, toutes les parties doivent garantir la sécurité du transport maritime et respecter le droit international.
Les prix du pétrole montent en flèche
Les prix du pétrole se sont rapprochés de leurs plus hauts niveaux depuis six semaines mercredi. Le Brent, référence mondiale, côtait près de 94 dollars le baril tandis que le prix de l’essence américaine, facteur d’impopularité pour Trump avant les élections de novembre, dépassait les 4 dollars le gallon.
L’escalade militaire s’intensifie
L’armée américaine a poursuivi ses bombardements contre des cibles en Iran pour la onzième nuit consécutive. Les résidents de Téhéran ont rapporté avoir entendu des explosions en début de matinée mercredi alors que l’Iran activait ses défenses aériennes sur la capitale, selon l’agence de presse semi-officielle Fars.
Trois emplacements dans la province du Bouchehr, qui abrite l’unique centrale nucléaire iranienne, ont été frappés par des attaques américaines en début de mercredi, selon un responsable interrogé par l’agence de presse d’État IRNA. Ces frappes incluaient un poste électrique à proximité de la centrale.
L’armée iranienne a déclaré avoir frappé des bâtiments d’accommodation et des installations de stockage d’équipements à la base aérienne Al Azraq en Jordanie, puis avoir visé des entrepôts d’équipements et des hangars d’entretien d’avions à la base aérienne Sheikh Isa à Bahreïn à l’aide de drones suicides Arash.
La Jordanie a affirmé avoir abattu quatre drones iraniens et intercepté six missiles. Le Président Donald Trump a confirmé que 18 militaires américains ont été tués depuis le début de la guerre. Trump a renouvelé ses menaces d’attaquer les installations nucléaires iraniennes enfouies dans une montagne à Natanz.


