EVIAN-LES-BAINS, 15 juin (Le Parisien Matin) – Le président américain Donald Trump a rejoint les dirigeants mondiaux ce lundi lors du sommet du G7. Fort d’un accord préliminaire visant à mettre un terme au conflit avec l’Iran, le locataire de la Maison-Blanche a officiellement annoncé son intention de concentrer ses efforts diplomatiques sur la résolution de la guerre en Ukraine.
Une dynamique diplomatique nouvelle
L’arrivée du président américain dans la station balnéaire française intervient dans un climat de méfiance croissante parmi ses homologues internationaux. Si l’apaisement des tensions avec Téhéran est accueilli avec soulagement, cet enthousiasme est tempéré par les menaces de tarifs douaniers pesant sur la France et les positions tranchées de Washington sur l’immigration. Le mémorandum d’entente, qui acte la fin des hostilités dans le Golfe et la réouverture du détroit d’Ormuz, marque un tournant majeur pour la stabilité énergétique mondiale.
La réouverture de cette voie maritime stratégique, précédemment verrouillée, permet désormais un transit sans frais des navires transportant le pétrole et le gaz. Cette normalisation devrait entraîner une baisse immédiate des coûts d’expédition, qui avaient explosé de plus de 400 % en raison des primes d’assurance exorbitantes durant les quinze semaines de crise. Le retour à la normale dans cette zone est perçu comme une bouffée d’oxygène pour les marchés financiers et la logistique internationale.

La médiation américaine en Ukraine
Fort de cette percée, Donald Trump cherche désormais à reproduire ce succès diplomatique en Europe de l’Est. Lors d’une conférence de presse conjointe avec Emmanuel Macron, il a confirmé avoir eu des échanges téléphoniques productifs avec les présidents Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine.
« Nous avons eu une très bonne conversation hier avec le président Zelensky et le président Poutine, et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose là-bas. Je le pense vraiment. Je pense qu’ils sont tous deux ouverts à cela », a déclaré le dirigeant américain.
De son côté, le président ukrainien a indiqué avoir proposé une rencontre directe avec le chef de l’État russe en marge de ce sommet. Toutefois, les conseillers russes ont laissé entendre que Vladimir Poutine ne se sentait pas prêt à engager un dialogue bilatéral dans l’immédiat. Le travail de persuasion auprès des alliés européens reste l’un des chantiers prioritaires du sommet pour le camp américain.
Un sommet sous tension
Les discussions à Évian, prévues jusqu’au 17 juin, ne se limitent pas aux zones de conflit. Les pays membres du G7, incluant le Canada, le Japon, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne, doivent également s’accorder sur des sujets structurels. La dépendance aux minerais critiques extraits en Chine, la régulation de l’intelligence artificielle et les déséquilibres macroéconomiques mondiaux figurent en tête de l’agenda.
Le contexte reste cependant électrique. Donald Trump a récemment réitéré son intention d’imposer des droits de douane de 100 % sur le vin français si Paris maintenait sa taxe sur les géants du numérique américains. Face à ces pressions, Emmanuel Macron a rappelé lors d’une intervention sur TF1 que de telles mesures ne favorisaient personne, soulignant la nécessité d’une coopération renforcée entre les puissances économiques mondiales.
La capacité du président américain à obtenir des garanties durables reste scrutée, ses partenaires voyant en lui un acteur imprévisible. La gestion de la situation au Liban s’ajoute également aux défis du sommet, alors que le ministère de la Défense israélien a fait part de sa réticence à évacuer certains territoires occupés, complexifiant ainsi la volonté de trêve globale affichée par la délégation américaine.


