KIEV, 19 juin (Le Parisien Matin) – Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fixé, ce vendredi, un ultimatum d’une semaine au dirigeant bélarusse Alexandre Loukachenko. Il exige le retrait ou la neutralisation des équipements militaires russes installés sur le sol bélarusse, utilisés pour guider les frappes contre l’Ukraine.
Le chef de l’État a menacé d’une intervention ukrainienne directe si cette demande n’était pas satisfaite dans le délai imparti.
Les installations visées près de la frontière
Lors d’une conférence de presse tenue à Kiev, Volodymyr Zelensky a détaillé la nature du matériel en question. Il s’agit principalement de stations de relais de signaux situées dans deux régions bélarusses frontalières de l’Ukraine. Selon les affirmations ukrainiennes, ces dispositifs sont exploités par les forces russes pour piloter et orienter les drones Shahed ainsi que les missiles visant les villes ukrainiennes et les infrastructures civiles.
Le président ukrainien a souligné que ces équipements, parfois installés au sommet d’immeubles résidentiels ou dans des zones densément peuplées, jouent un rôle direct dans les pertes civiles quotidiennes en Ukraine. Bien que ces informations n’aient pas pu être vérifiées de manière indépendante, elles marquent une escalade notable dans les tensions entre les deux voisins.
Une menace claire d’intervention militaire
La position de Kiev est désormais sans équivoque. Volodymyr Zelensky a remis en question la neutralité affichée par Minsk, soulignant l’incohérence entre les discours de non-belligérance d’Alexandre Loukachenko et la présence active de technologies russes sur son territoire. Le message envoyé par le dirigeant ukrainien laisse peu de place à l’interprétation.
« Quel est l’intérêt de dire qu’il ne veut pas être dans la guerre ? Qu’il retire cet équipement, qu’il l’éteigne. Je pense qu’une semaine lui suffira pour le faire. S’il ne le fait pas, nous le ferons », a déclaré le président ukrainien devant la presse.
Cette déclaration représente l’une des menaces les plus directes et les plus tranchées adressées par l’Ukraine à son voisin depuis le début de l’invasion russe en février 2022. À cette époque, Moscou avait utilisé le territoire bélarusse comme point de départ pour ses troupes.

Le défi de la zone d’exclusion de Tchernobyl
Un élément tactique crucial complique cette situation : le positionnement stratégique d’une partie de ce matériel dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, située côté bélarusse. Cette zone, largement abandonnée et hautement radioactive, sert de bouclier naturel aux forces russes.
Le commandement russe mise sur l’hésitation ukrainienne à frapper des cibles situées dans ce secteur. Une intervention militaire directe dans cette zone risquerait de disperser des poussières radioactives, provoquant ainsi un désastre écologique secondaire. Cette impasse géographique illustre la difficulté pour Kiev de neutraliser les relais technologiques russes sans déclencher des conséquences environnementales majeures.
Des tensions accrues
La situation entre Minsk et Kiev est déjà tendue suite à plusieurs incidents récents. Le Bélarus a notamment annoncé le déploiement du système de missiles balistiques hypersoniques Oreshnik, capable de porter des ogives nucléaires, renforçant ses exercices avec la Russie en mai dernier.
Par ailleurs, un incident diplomatique a éclaté cette semaine après une attaque de drone ayant frappé un bus transportant des enfants bélarusses en Russie. Bien que Kiev ait formellement démenti toute responsabilité, le ministère des Affaires étrangères du Bélarus a exigé des explications complètes. Alexandre Loukachenko, tout en assurant que l’Ukraine n’avait rien à craindre de son pays, a réitéré le besoin de compromis, une position jugée insuffisante par les autorités ukrainiennes au regard de l’appui logistique et technologique maintenu par Minsk en faveur de l’effort de guerre russe.


