GEEL, 25 août (Le Parisien Matin) – Au moins 306 personnes sont tombées malades après avoir consommé des œufs contaminés par la salmonelle. L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) a confirmé le bilan mardi, tandis que le producteur Laerco a suspendu sa production.

L’agence précisa que « Au moins 306 personnes en Belgique sont tombées malades après avoir consommé des œufs contaminés par la salmonelle ».

« La contamination avait été détectée à la fin avril », ce qui avait conduit à un premier rappel en mai. Tous les œufs de l’exploitation de Laerco, à Geel, furent alors retirés du marché.

« Il avait alors été déterminé que la contamination provenait d’un seul des quatre poulaillers de l’exploitant ». Les cas persistant, de nouveaux prélèvements furent effectués.

Un deuxième poulailler contaminé fut identifié, provoquant la suspension totale.

Les œufs portent les codes 2-BE-1073-01, 2-BE-1073-02, 2-BE-1073-03 et 2-BE-1073-04. Ils furent vendus chez Aldi, Carrefour, Colruyt et Delhaize.

Le rappel fut étendu à plusieurs pays européens. Les œufs en rayon actuellement furent déclarés sûrs.

Les boîtes achetées avant le 10 août devaient être vérifiées. « Ces œufs ne doivent pas être consommés et peuvent être ramenés au point de vente où ils ont été achetés afin d’obtenir un remboursement ».

« Une infection à la salmonelle peut provoquer des troubles gastro-intestinaux, souvent accompagnés de fièvre, dans les 12 à 72 heures suivant la consommation d’un produit contaminé ».

Les symptômes incluaient diarrhée, vomissements et fièvre. Ils disparaissaient en quelques jours chez les adultes en bonne santé.

Ils pouvaient être plus sévères chez les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées. Le bilan fut jugé sous-estimé, faute de consultation médicale systématique.

Cette épidémie n’est pas qu’une simple affaire de rappel. Elle expose une faille dans la gestion de crise à tiroirs qui a caractérisé le dossier Laerco.

Le premier point marquant est l’échec du confinement initial. En mai, toute la production de Geel avait été retirée en pensant que l’infection était circonscrite à un seul poulailler sur quatre. Le fait que les cas aient continué d’augmenter a obligé les autorités à re-tester.

La découverte d’un deuxième foyer contaminé montre que le protocole de dépistage de fin avril a sous-estimé l’ampleur ou que la contamination s’est propagée entre bâtiments malgré les mesures de biosécurité.

Deuxième élément : la distribution. On ne parle pas d’un circuit court. Aldi, Carrefour, Colruyt, Delhaize : ce sont les quatre plus gros distributeurs du pays.

Un seul producteur au sol alimente une part massive du marché, ce qui explique le chiffre de 306 cas confirmés et probablement plusieurs milliers de cas réels. L’Afsca elle-même le reconnaît : la plupart des personnes ne consultent pas.

Enfin, le timing pose question. Entre la détection fin avril, le premier rappel en mai et le second rappel du 10 août, près de trois mois se sont écoulés.

Pendant ce laps de temps, des œufs marqués 2-BE-1073-02 à 04 ont continué à être consommés. C’est le paradoxe de la traçabilité parfaite – le code coquille permet un rappel chirurgical – mais d’une réactivité trop lente pour empêcher une épidémie de cette ampleur.

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