YERRES, 28 août (Le Parisien Matin) – Un homme a été mortellement percuté par un train du RER D assurant la liaison Paris – Melun, ce jeudi 27 août vers 14h30, en gare de Yerres (Essonne). Les circonstances exactes du drame restèrent à éclaircir.

Dix sapeurs-pompiers furent mobilisés sur les lieux après le choc. À leur arrivée, la victime se trouvait en arrêt cardio-respiratoire.

Malgré une tentative de réanimation, l’homme fut déclaré décédé sur place. Il a été « déclarée décédée après tentative de réanimation cardio-respiratoire », indiqua le SDIS 91.

La police nationale, la police municipale ainsi que le chef d’incident local se rendirent sur place pour sécuriser la zone et procéder aux premières constatations.

Trafic totalement interrompu sur le sud-est francilien

Le temps des opérations de secours, l’alimentation électrique dut être coupée sur le secteur. La circulation ferroviaire fut interrompue sur deux voies, les voies 1B et 2B, et maintenue sur deux autres.

La SNCF interrompit totalement les circulations du RER D dans les deux sens entre Villeneuve-Saint-Georges et Melun. Les gares entre Montgeron – Crosne et Combs-la-Ville – Quincy ne furent plus desservies pendant plusieurs heures.

Dans un premier temps, la gare de Yerres fut totalement isolée. La mesure fut ensuite étendue à cinq gares de l’Essonne.

Répercussions sur la ligne R et reprise progressive

La ligne R du Transilien, qui partage les mêmes voies sur certains secteurs, subit également de forts ralentissements. Les trains circulant entre Paris-Gare de Lyon, Montargis et Montereau furent déviés via Corbeil-Essonnes.

Cette déviation entraîna des allongements de parcours d’environ 30 minutes pour les voyageurs.

Le trafic reprit très progressivement en fin d’après-midi. Les trains circulèrent d’abord sans marquer l’arrêt à Yerres, avant un retour complet à la normale vers 18h30.

À ce stade, les circonstances précises de l’accident ne furent pas connues. Une enquête fut confiée aux officiers de police judiciaire présents sur place.

En juillet 2025, un accident similaire s’était déjà produit en gare de Yerres. Un homme âgé de 28 ans avait été percuté par un train du RER D alors qu’il se trouvait sur l’un des quais de la gare.

Un point noir qui révèle la fragilité du RER D

L’accident de Yerres n’est pas un fait divers isolé. Il s’inscrit dans une série noire qui touche la branche sud du RER D avec une régularité inquiétante.

Yerres, gare de transition entre Val-de-Marne et Essonne, concentre toutes les difficultés d’une ligne à bout de souffle. Quais étroits, absence de portes palières, cohabitation permanente entre RER D et Transilien R sur les mêmes voies : chaque incident de personne s’y transforme immédiatement en paralysie totale du sud-est francilien. La coupure entre Villeneuve-Saint-Georges et Melun, survenue jeudi, l’a encore démontré.

Derrière le terme administratif d’« accident de personne », la SNCF et les enquêteurs savent que se cachent trois réalités très différentes : la chute accidentelle, le comportement à risque et l’acte suicidaire. Sur le RER D, ligne la plus anxiogène d’Île-de-France selon les associations d’usagers, la troisième hypothèse est statistiquement majoritaire. Mais elle reste taboue dans la communication officielle.

Il y a aussi l’angle mort humain : les conducteurs. Percuter un voyageur laisse des traces durables. La SNCF a renforcé ses cellules psychologiques, mais le turn-over des conducteurs sur le D est l’un des plus élevés du réseau.

Enfin, la répétition d’un drame identique à un an d’intervalle, au même endroit, interroge sur la prévention. Sans investissement massif dans la sécurisation des quais, Yerres risque de rester une gare à haut risque, où chaque drame personnel provoque un chaos collectif.

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