SAINT-CHAFFREY, 23 août (Le Parisien Matin) – Un adolescent de 15 ans est mort électrocuté vendredi en fin d’après-midi après avoir escaladé un pylône électrique en armature métallique. Le drame s’est produit dans la vallée de Serre Chevalier, sous les yeux de son ami resté au sol.

Le jeu qui vire au drame

La victime, originaire de Briançon et adepte de parkour, devait entrer en première en septembre. Selon Le Dauphiné Libéré, « Un simple jeu qui vire au drame. »

Arrivé à dix mètres de hauteur sans toucher la ligne avec ses mains, il a été frappé par un arc électrique. Le choc a tétanisé ses muscles et provoqué une chute d’une dizaine de mètres.

Son ami, témoin direct de la scène, a donné l’alerte vers 18 heures. Les sapeurs-pompiers et le SMUR sont intervenus au secteur du Pont Carles.

Ils ont tenté de le réanimer pendant plus d’une heure et demie, en vain. L’adolescent est décédé sur place. Sa petite amie, arrivée peu après, a été prise en charge avec le témoin.

Enquête ouverte par la gendarmerie

Une enquête a été confiée à la gendarmerie des Hautes-Alpes pour reconstituer le fil des faits. Les investigations doivent déterminer ce qui a poussé les deux jeunes vers ce pylône et s’il s’agissait d’un défi.

Une cellule d’urgence médico-psychologique a été activée pour l’ami témoin et plusieurs proches présents, face au choc extrême de la scène.

Dans ce type d’accident, persiste l’idée que « tant qu’on ne touche pas le fil, on ne risque rien ». C’est faux.

L’air normalement isolant s’ionise près d’une ligne à haute tension. L’électricité saute vers le corps pour rejoindre la terre. Selon RTE France, le danger de mort existe à moins de 3 ou 5 mètres, même sans contact physique.

L’arc dépasse 3 000 °C. Il provoque tétanisation immédiate, arrêt cardiaque et brûlures internes irréversibles, ce qui a causé la chute.

Pourquoi ce drame interroge la prévention

Au-delà du fait divers, l’accident de Saint-Chaffrey révèle un angle mort de la prévention. Le parkour, pratique urbaine valorisant le franchissement, pousse certains adolescents à chercher des points hauts spectaculaires. Un pylône, avec ses barreaux métalliques réguliers, ressemble à une échelle géante. Il n’en est pas une.

Les gestionnaires du réseau le rappellent depuis des années : les ouvrages ne sont pas protégés contre l’escalade par des dispositifs infranchissables, car le risque électrique lui-même est censé dissuader. Or la notion d’amorçage reste largement méconnue du grand public. Contrairement à une prise domestique, la haute tension n’a pas besoin de contact. Elle attire.

La configuration des lieux joue aussi. Le secteur du Pont Carles est une zone de passage entre Briançon et Chantemerle, fréquentée par des jeunes. L’accès au pied des pylônes y est direct. Aucune clôture ne signale que le sol sous les câbles appartient déjà à une zone de danger invisible.

Enfin, le rôle des réseaux sociaux n’est pas à exclure. Sans préjuger des motivations dans ce cas précis, les enquêteurs s’interrogent systématiquement sur la recherche d’une photo en hauteur. C’est un comportement qui s’est banalisé et qui expose à une mort foudroyante, sans seconde chance.

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