TOBOLSK, 11 août (Le Parisien Matin) – Le complexe pétrochimique ZapSibNeftekhim de Tobolsk, dans la région de Tioumen en Sibérie occidentale, a été endommagé lundi par une attaque de drones et a été mis à l’arrêt pour une durée indéterminée.
L’installation, exploitée par Sibur et considérée comme la plus grande usine de gaz de pétrole liquéfié de Russie, a cessé toute activité pendant que les dégâts étaient évalués.
Un arrêt indéfini après l’incendie
Le gouverneur régional Alexander Moor a confirmé lundi qu’« un incendie s’était déclaré sur un site industriel » de la région de Tioumen à la suite d’une attaque de drones, sans nommer l’installation concernée. Selon trois sources industrielles citées par Reuters, le complexe a été totalement suspendu.
L’une d’elles a précisé que le site restait fermé « pendant que l’ampleur des dégâts et ses conséquences sont en cours d’évaluation ». Le groupe Sibur a refusé de commenter.
La frappe a lourdement endommagé l’unité centrale de fractionnement des gaz, qui sépare les mélanges bruts en propane et en butane. Cette unité traite à elle seule environ 6,6 millions de tonnes de charge par an et constitue un goulot d’étranglement pour la production de polymères comme le polyéthylène et le polypropylène.
Le poids du site dans le marché russe
Selon les sources industrielles, ZapSibNeftekhim produit environ 6 millions de tonnes de GPL par an, soit près de 40 pour cent de la production totale russe. La moitié de ce volume alimente directement le complexe intégré de Sibur à Tobolsk comme matière première pétrochimique.
Mardi, aucun volume de GPL en provenance de Tobolsk n’a été proposé sur la Bourse internationale des marchandises de Saint-Pétersbourg, alors que près de 4 000 tonnes par jour de mélange propane-butane technique y étaient habituellement vendues.
L’opération a été attribuée aux forces d’opérations spéciales ukrainiennes et au groupe Black Spark. Elle a souligné la vulnérabilité des infrastructures énergétiques situées au coeur de la Sibérie occidentale, à environ 2 200 kilomètres de la frontière.
L’incident s’est inscrit dans une campagne plus large visant des raffineries à Volgograd, Saratov, TANECO au Tatarstan et Orsknefteorgsintez près de l’Oural.


