PARIS, 27 juillet (Le Parisien Matin) – En Chine, le verrou technologique le plus stratégique vient de sauter. Selon The Information, un fabricant soutenu par l’État a commencé à produire des machines de lithographie à immersion en ultraviolet profond, les fameuses DUV, jusqu’ici monopole du néerlandais ASML.
Une avancée majeure pour Pékin dans sa course à l’autosuffisance en semi-conducteurs.
Une production confidentielle mais stratégique
Le nom du fabricant reste secret en raison de la sensibilité géopolitique du dossier, mais des sources proches évoquent une jeune pousse basée à Shanghai, Shanghai Yuliangsheng Technology, aux liens supposés avec Huawei.
La montée en cadence sera progressive avec cinq machines prévues cette année puis une vingtaine en 2027.
Les premiers exemplaires sont destinés aux fleurons nationaux que sont SMIC, Hua Hong Semiconductor et le spécialiste de la mémoire ChangXin Memory Technologies.
Des performances encore limitées face à ASML
Ces équipements sont conçus pour graver des puces en 28 nanomètres et pourraient, via des techniques de multi patterning, atteindre les nœuds 7 nm et même 5 nm.
Ils représentent aujourd’hui l’outil le plus avancé accessible aux fondeurs chinois, privés d’EUV par les restrictions américaines. Comme le confie une source proche du dossier
« le système accuse encore un retard en fiabilité mais constitue une avancée décisive ».
La Chine développe par ailleurs sa propre machine EUV, toujours au stade de prototype.
Un séisme boursier pour l’industrie mondiale
L’annonce a provoqué une onde de choc sur les marchés. ASML a chuté de plus de 7 %, sa pire séance depuis juin, tandis que BE Semiconductor a perdu environ 8,5 % et Soitec 5 %.
Même les américains Lam Research et Applied Materials ont reculé. ASML a refusé de commenter.
Pour Pékin, l’enjeu est clair : sécuriser une source alternative d’équipements critiques alors que Washington envisage de durcir encore les restrictions sur les exportations et la maintenance des outils de lithographie.


