MOSCOU, 1 juillet (Le Parisien Matin) – Le ministère russe de la Défense a validé au plus haut niveau un programme d’entraînement militaire secret se déroulant au sein des installations chinoises de l’Armée populaire de libération. Cette collaboration, révélée par des documents officiels et corroborée par des responsables du renseignement européen, marque une intensification significative des liens stratégiques entre les deux puissances.
Le ministre russe de la Défense, Andrei Belousov, a personnellement signé un décret interne autorisant le déploiement d’une délégation militaire russe vers le territoire chinois.
Cet accord, dont l’existence même a fait l’objet d’un black-out médiatique total, a été scellé par un pacte bilatéral signé par le général de division russe Rustam Khusainov et le colonel supérieur chinois Sun Dayun. Environ deux cents membres des forces armées russes ont ainsi bénéficié de ce cursus spécialisé. Certains de ces soldats, une fois leur formation achevée en Chine, ont été directement envoyés sur le front ukrainien, notamment dans les secteurs de Crimée et de Zaporijjia, intégrant ainsi les acquis de ce programme inédit dans les opérations de combat réelles.
Le contenu sensible des modules de formation
Les exercices réalisés en Chine se sont concentrés sur des domaines hautement techniques et complexes, incluant la guerre radiologique, biologique et chimique. Un cursus spécifique de trois semaines a été dispensé au sein d’une infrastructure militaire à Pékin, où les instructeurs chinois ont transmis des méthodes de reconnaissance chimique et radiologique. Les rapports consultés détaillent des sessions où les soldats russes ont appris à protéger les infrastructures de ventilation militaire face à d’éventuelles contaminations. Les supports pédagogiques utilisaient des modèles de réacteurs nucléaires pour simuler des environnements hostiles.
Au-delà de la menace chimique, le programme incluait des modules intensifs sur la guerre par drones, l’électronique de combat et les tactiques d’infanterie blindée. L’objectif était de moderniser les capacités opérationnelles russes en s’appuyant sur les technologies avancées de l’Armée populaire de libération. Si les rapports internes russes ont souligné la qualité des simulateurs et des équipements chinois, ils ont également noté une disparité notable concernant l’expérience pratique. Les instructeurs chinois, bien que théoriquement brillants, manquent de l’expérience de combat direct acquise par les unités russes lors du conflit en Ukraine depuis plus de quatre ans.

Les responsables militaires de haut rang impliqués
L’implication de hauts gradés des deux armées confirme la dimension stratégique de cette coopération, qui dépasse le simple échange technique. Le colonel général Rustam Muradov, commandant adjoint des forces terrestres russes, a personnellement dirigé la délégation envoyée en Chine. Du côté chinois, le général de division Li Jinsun, chef de l’académie militaire de défense radiologique, chimique et biologique de l’APL, a supervisé l’ouverture de plusieurs sessions de formation clés. Un autre officier russe, le major général Vitaly Gerasimov, a également été identifié comme participant à une formation spécifique à Bengbu.
La précision des documents consultés, listant les noms, dates de naissance et niveaux d’habilitation de sécurité de chaque participant, démontre la rigueur administrative appliquée à ce programme secret. Malgré ces preuves, les autorités russes ont qualifié ces informations de « non-sens » complet, niant toute volonté de s’inspirer des méthodes chinoises. La Chine, de son côté, maintient une posture officielle de neutralité concernant le conflit en Ukraine, qualifiant les rapports occidentaux d’allégations infondées visant à ternir son image de médiateur potentiel dans la crise actuelle.
La réaction prudente de l’Union européenne
Pour les capitales européennes, cette alliance militaire représente un signal d’alarme. Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, a confirmé que Bruxelles avait pu vérifier l’existence de ces entraînements via ses propres canaux de renseignement. L’analyse des implications de cette coopération est désormais au cœur des discussions diplomatiques au sein de l’UE, qui doit jongler entre ses priorités commerciales avec la Chine et la nécessité de réagir face à ce qui est perçu comme une facilitation décisive de l’effort de guerre russe.
Le débat interne à l’UE se cristallise autour de la nécessité ou non d’adopter de nouvelles mesures restrictives. Bien que des sanctions aient déjà été imposées par le passé à des entreprises chinoises accusées de soutenir l’industrie de défense russe, les responsables européens admettent que la dynamique actuelle impose de reconsidérer la relation avec Pékin. Il ne s’agit plus de voir la Chine uniquement sous un angle économique, mais de l’évaluer en tant qu’acteur capable d’influencer directement l’équilibre des forces sur le champ de bataille européen.

Défis logistiques et échanges d’expertise
La mise en œuvre concrète du programme a révélé des défis opérationnels significatifs, notamment la barrière de la langue. Le manque de traducteurs qualifiés pour les termes militaires techniques a nécessité des ajustements constants lors des sessions de formation. Malgré ces obstacles, les deux nations ont cherché à établir un cadre de réciprocité. Le programme ne s’est pas limité à une formation unidirectionnelle ; il prévoit également des accords pour que des contingents chinois puissent, à terme, bénéficier d’un retour d’expérience russe en matière de combat réel, bien que les détails sur la mise en œuvre de cette réciprocité restent confidentiels.
Les infrastructures chinoises ont permis aux forces russes d’accéder à des simulations de pointe, notamment pour la gestion des menaces invisibles comme la radioactivité. En contrepartie, les observateurs notent que cet échange renforce l’intégration des doctrines militaires des deux pays. Ce rapprochement, décrit parfois comme un pacte « sans limites », continue d’évoluer malgré les démentis officiels de Pékin et de Moscou. La surveillance des mouvements de personnel militaire reste, pour les services de renseignement occidentaux, l’indicateur principal de cette collaboration croissante.
Un tournant pour la sécurité globale
L’entraînement des troupes russes sur le sol chinois redéfinit la perception de la menace dans un contexte où les alliés de l’Ukraine craignent une montée en puissance technologique de l’armée russe. Les rapports mentionnent l’usage intensif de drones et d’équipements de reconnaissance perfectionnés, domaines où la Chine dispose d’une expertise mondiale reconnue. La combinaison de cette technologie avec l’endurance tactique russe acquise sur le front ukrainien constitue un sujet d’étude majeur pour les stratèges militaires occidentaux.
La discrétion entourant ces mouvements de troupes et ces échanges de connaissances souligne la volonté des deux puissances d’éviter une escalade diplomatique trop rapide tout en maximisant leurs avantages militaires mutuels. Les prochaines étapes de cette coopération, qu’elles concernent le transfert de technologies supplémentaires ou de nouveaux cycles de formation, seront déterminantes. Pour l’heure, l’attention internationale reste fixée sur les preuves documentaires qui, mois après mois, viennent contredire les discours officiels de non-implication de Pékin dans le conflit.


