ROME, 20 juin (Le Parisien Matin) – Une vive passe d’armes oppose la Première ministre italienne Giorgia Meloni au président américain Donald Trump.
Ce dernier a accusé la dirigeante italienne de chercher à améliorer sa cote de popularité en insistant pour obtenir une photographie commune lors du sommet du G7 qui s’est tenu cette semaine en France.
La polémique a pris une tournure publique lorsque le président américain a affirmé, via son réseau social Truth Social, que la cheffe du gouvernement italien l’aurait « supplié » pour immortaliser leur rencontre. Donald Trump a qualifié cette démarche de manœuvre politicienne destinée à redorer son blason auprès de l’électorat italien, tout en écorchant le prénom de la Première ministre dans ses publications.
Face à ces attaques répétées, la réponse de la dirigeante italienne a été cinglante et directe. Elle a choisi de s’exprimer en anglais sur son compte Instagram pour marquer sa fermeté face à ce qu’elle considère comme des provocations gratuites.
« Président Trump, ces attaques constantes et non provoquées n’ont aucun sens. Ma popularité n’est pas votre préoccupation. Je vous suggère de vous concentrer sur la vôtre », a déclaré Giorgia Meloni.
Les tensions entre les deux alliés de l’OTAN ne se limitent toutefois pas à cette querelle personnelle sur l’image publique. Le désaccord s’enracine également dans des divergences géopolitiques majeures, notamment concernant la conduite des opérations militaires américaines. Le président américain a critiqué Rome pour son refus d’autoriser l’usage des bases aériennes italiennes durant le conflit opposant les États-Unis et Israël à l’Iran, entamé en février.
La Première ministre italienne a maintenu une ligne stricte sur ce dossier, invoquant le respect des accords bilatéraux existants. Elle a souligné que l’utilisation de ces infrastructures ne pouvait être détournée de leur cadre juridique initial. En défendant cette position, elle a réaffirmé que, tant qu’elle resterait à la tête du pays, l’Italie demeurerait une nation souveraine refusant de servir de base arrière à des opérations non convenues.
Sur le plan intérieur, les chiffres de popularité des deux dirigeants restent scrutés de près. Le gouvernement de Giorgia Meloni, en place depuis 2022, observe une remontée dans les sondages avec une approbation avoisinant les 35 %, après une année 2025 marquée par une érosion de son soutien. De son côté, le président américain, investi en janvier 2025, peine à dépasser les 36 % d’opinions favorables, malgré une légère progression récente.
Cette séquence diplomatique illustre les fragilités actuelles au sein de l’Alliance atlantique. Alors que les défis économiques et les tensions internationales s’intensifient, ce différend médiatique souligne les difficultés croissantes de coordination entre Rome et Washington, sur fond de crise du coût de la vie pesant sur les populations respectives des deux dirigeants.


