27 juillet (Le Parisien Matin) – Entre Erevan et Moscou, la tension commerciale a franchi un nouveau palier ce lundi. Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian s’est entretenu par téléphone avec le président russe Vladimir Poutine pour lui demander d’intervenir personnellement afin de lever les restrictions imposées par la Russie sur les exportations arméniennes.
Selon le gouvernement arménien, Pachinian a dénoncé des mesures qui violent les accords bilatéraux et les règles de l’Union économique eurasiatique, l’UEEA, organisation dirigée par Moscou dont les deux pays sont membres. Selon le communiqué officiel,
« Il a demandé de prendre des mesures pour résoudre ces questions »
Tout en réaffirmant la volonté de l’Arménie de régler le différend par un dialogue ouvert, partenarial et amical.
La Russie a imposé en juin dernier une interdiction temporaire d’importation visant une large gamme de produits arméniens. Sont concernés les fruits et légumes, les fleurs, le poisson et les boissons alcoolisées.
Fin juillet, le gendarme sanitaire russe Rosselkhoznadzor a élargi les contrôles aux produits laitiers arméniens. Une décision qui frappe de plein fouet l’économie du pays.
L’enjeu est vital pour Erevan. La Russie représente encore près de 35 % du commerce extérieur arménien et reste son principal fournisseur d’énergie à des tarifs concessionnels.
Ce coup de frein aux exportations est perçu par de nombreux observateurs comme un levier politique, alors que le parti Contrat civil de Pachinian vient de remporter les législatives de juin face à plusieurs formations pro russes, avant une visite du Premier ministre à Moscou au début du mois.
L’appel a rapidement dépassé le cadre commercial pour se transformer en affrontement géopolitique.
Le Kremlin a indiqué que Vladimir Poutine avait pressé son homologue d’organiser dans les plus brefs délais un référendum national sur l’avenir européen de l’Arménie.
Moscou veut que les Arméniens tranchent entre une candidature à l’Union européenne et le maintien au sein de l’UEEA.
De son côté, Nikol Pachinian, qui a engagé son pays dans un virage pro occidental assumé malgré l’alliance historique avec la Russie, a répondu qu’un tel scrutin n’aurait de sens qu’après le dépôt officiel d’une candidature à Bruxelles.
La Russie a déjà averti qu’une poursuite du rapprochement avec l’UE pourrait entraîner la suspension de l’Arménie de l’UEEA et la perte de tous ses avantages économiques et


