MANILLE, 22 juillet (Le Parisien Matin) – Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a rencontré mercredi le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi en marge de la réunion de l’ASEAN. Les principaux diplomates réunis dans la capitale philippine ont exprimé leur inquiétude face à la reprise des hostilités au Moyen-Orient et aux tensions persistantes en mer de Chine méridionale.
Les deux responsables devaient notamment évoquer la possibilité d’un sommet entre les dirigeants américain et chinois à la fin du mois de septembre, une perspective précédemment mentionnée par Donald Trump et que le chef de la diplomatie américaine avait indiqué attendre.
À leur arrivée, les deux ministres n’ont fait aucune déclaration devant les médias. Leur entretien s’est tenu alors que Pékin a rejeté les accusations du président américain sur une supposée ingérence chinoise dans les élections aux États-Unis.
L’ASEAN évoque le Moyen-Orient
Les ministres des Affaires étrangères de l’organisation régionale ont fait part de leur vive préoccupation concernant la guerre au Moyen-Orient lors de leur réunion avec leur homologue américain.
Celui-ci a attribué la responsabilité de la situation à l’Iran. Il a déclaré que Téhéran ne démontrait pas de volonté sérieuse de négocier et a affirmé que Washington protégerait ses intérêts ainsi que ceux de ses alliés si nécessaire.
Il a également estimé que l’Iran ne devait pas pouvoir contrôler le détroit d’Ormuz, jugeant qu’une telle situation créerait un précédent pour d’autres régions, notamment l’Asie du Sud-Est.
« S’ils sont sérieux, nous le sommes aussi. S’ils ne le sont pas, nous ferons alors le nécessaire pour protéger nos intérêts, ainsi que ceux de nos alliés. »
Rubio a déclaré
Tribune sur la mer de Chine
À son arrivée à Manille mardi, le responsable américain a publié une tribune dans la presse philippine. Il y a affirmé que les pays d’Asie du Sud-Est étaient confrontés à de nouvelles menaces coercitives en mer de Chine méridionale.
Il a écrit que le contrôle de cette zone maritime par une puissance utilisant le commerce comme un instrument géopolitique représenterait une menace pour la souveraineté, la sécurité et l’avenir économique des États-Unis ainsi que des membres de l’ASEAN.
Revendications maritimes contestées
Les autorités chinoises revendiquent la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale à l’aide d’une ligne figurant sur leurs cartes. Cette revendication recouvre les zones économiques exclusives du Brunei, de l’Indonésie, de la Malaisie, des Philippines et du Vietnam.
Ces revendications alimentent depuis longtemps des différends portant sur plusieurs îles et formations maritimes.
Canberra réagit à un incident
La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a estimé qu’un affrontement survenu lundi entre les garde-côtes chinois et des membres de la marine philippine suscitait de réelles inquiétudes en raison d’un comportement qu’elle a qualifié de déstabilisateur et risqué.
Elle a également déclaré que les pays de la région devaient choisir leur réponse commune, tout en avertissant que le conflit au Moyen-Orient pouvait se détériorer rapidement.
Pékin répond aux critiques
Le ministère chinois des Affaires étrangères a affirmé que l’Australie n’était pas partie au différend en mer de Chine méridionale et ne disposait d’aucun droit d’intervenir.
Son porte-parole, Lin Jian, a appelé les pays concernés à cesser d’alimenter les tensions et d’encourager la confrontation.
La rencontre régionale a également réuni des représentants du Royaume-Uni, du Canada, de l’Union européenne, de l’Inde, du Japon, de la Russie et de la Corée du Sud.
Message de coopération régionale
Lors d’un entretien avec le secrétaire général de l’organisation régionale mardi, Wang Yi a déclaré que certains éléments de l’appareil sécuritaire philippin avaient mené des provocations délibérées servant les intérêts de forces extérieures.
Il a indiqué que son pays souhaitait travailler avec l’organisation afin d’éliminer les facteurs perturbateurs.
Le lendemain, il a affirmé devant ses homologues que la confiance mutuelle, l’ouverture et l’inclusion constituaient les fondements de la prospérité et de l’action commune. Il a appelé les parties à devenir un point d’appui pour la paix et le développement régionaux et mondiaux.
Réunion du Quad à Manille
En marge de la rencontre, le chef de la diplomatie américaine a participé à une réunion du Quad avec ses homologues indien, australien et japonais.
Dans une déclaration commune, les quatre pays ont réaffirmé leur engagement en faveur d’un Indo-Pacifique libre et ouvert ainsi que leur soutien à l’unité et au rôle central de l’ASEAN.


