LJUBLJANA, 11 juin (Le Parisien Matin) – Le nouveau gouvernement conservateur de la Slovénie a officiellement aboli l’interdiction d’entrée visant le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ainsi que deux de ses ministres. Cette décision marque un tournant diplomatique majeur pour le pays, s’éloignant des politiques punitives instaurées par l’administration de centre-gauche précédente.
Le Premier ministre de droite, Janez Janša, élu le 22 mars, a rapidement mis en œuvre une série de changements pour réorienter la position slovène. L’interdiction d’entrée de Benjamin Netanyahu, initialement liée à un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale, a été totalement supprimée par le nouvel exécutif. Le gouvernement justifie ce choix par une volonté de privilégier une coopération active plutôt que des politiques isolatonnistes. Dans le cadre de ce rapprochement, Israël a annoncé l’ouverture prochaine d’une ambassade dédiée à Ljubljana.
Tensions politiques internes
Ce revirement géopolitique a exacerbé les frictions au sein du paysage politique slovène. À la suite de la décision du gouvernement Janša de retirer le drapeau palestinien du bâtiment officiel, la présidente libérale, Nataša Pirc Musar, a réagi en hissant symboliquement le drapeau sur le bâtiment de la présidence.
Cette stratégie démantèle les mesures du gouvernement libéral de Robert Golob, qui avait fait de la Slovénie le premier pays de l’Union européenne à instaurer un strict embargo sur les armes vers Israël. En levant l’interdiction d’entrée pour Benjamin Netanyahu, la nouvelle administration clôt un chapitre marqué par des tensions diplomatiques intenses.
Répercussions européennes
Le changement de cap de la Slovénie fragilise la position commune de l’Union européenne concernant Israël. En mettant fin à l’embargo sur les armes, le gouvernement populiste neutralise un précédent que les factions prônant des sanctions espéraient voir se généraliser. De plus, la volonté de Ljubljana de favoriser la diplomatie garantit désormais un veto contre toute tentative de suspension de l’accord d’association entre l’UE et Israël.
« Le nouveau gouvernement a choisi de privilégier le dialogue pour renforcer nos relations bilatérales avec Israël », a déclaré un porte-parole officiel du gouvernement slovène.
Le revirement sur les importations liées aux colonies de Cisjordanie fragilise également les efforts de pression économique menés par d’autres États membres, comme la France. Si Paris et Ljubljana s’alignent désormais sur l’immunité diplomatique de Benjamin Netanyahu, ils divergent sur la gestion des membres de la droite radicale du cabinet israélien. En levant l’interdiction d’entrée pour des ministres comme Itamar Ben-Gvir, la Slovénie s’éloigne des sanctions imposées par la France, consolidant ainsi un bloc conservateur au sein de l’UE qui s’aligne étroitement sur les positions hongroises. Cette fragmentation permanente entrave la capacité de Bruxelles à adopter une voix unifiée sur les affaires proche-orientales.


