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Foodwatch : « Reprendre le contrôle sur ce que l’on mange, c’est reprendre du pouvoir »

Alice ColmartPar Alice Colmartmercredi, 13 aoûtMise à jour:mercredi, 13 aoûtAucun commentaire4 Min Temps de lecture
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Karine Jacquemart est directrice de l'ONG Foodwatch. ©Hamza Djenat
Karine Jacquemart est directrice de l'ONG Foodwatch. ©Hamza Djenat
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Karine Jacquemart, directrice de l’ONG Foodwatch, dénonce les dérives de l’industrie agroalimentaire dans son essai Les Dangers de l’alimentation, sorti en mars 2025. Dans cet entretien avec Le Parisien Matin, elle explique comment garantir une alimentation saine, juste et accessible à tous.

Foodwatch existe depuis 10 ans en France. Quelle est la spécificité de cette ONG?

Foodwatch, c’est une ONG à l’échelle européenne, présente en effet en France depuis dix ans. Je suis d’ailleurs sa directrice générale depuis toutes ces années. Notre spécificité, c’est d’être un vrai contre-pouvoir. Nous n’acceptons aucune subvention publique ni don d’entreprise. Nos seuls financeurs sont les citoyens. C’est ce qui garantit notre indépendance et notre liberté de parole. 

Quelle est la mission de Foodwatch aujourd’hui ?

Notre mission est sociale. Nous faisons des campagnes pour faire respecter le droit de toutes et tous à une alimentation saine. C’est un droit fondamental. Ce qui signifie garantir des prix justes pour les producteurs et abordables pour les consommateurs.

C’est essentiel parce qu’aujourd’hui, on a un système qui laisse beaucoup de monde sur le carreau. En France, d’un côté, on a près de 18 % des agriculteurs qui vivent sous le seuil de pauvreté. Et de l’autre côté, 10 millions de personnes sont confrontées à la précarité alimentaire. C’est inacceptable. 

En quoi ce système est-il bloqué?

On a une chaîne alimentaire où chacun est isolé. Les agriculteurs d’un côté, les consommateurs de l’autre. Et au milieu, des géants de l’agroalimentaire et de la grande distribution qui verrouillent tout. Ils façonnent l’offre alimentaire, décident des produits vendus et de leurs prix. Ils induisent nos choix et nos non-choix. C’est une double peine pour ceux qui n’ont déjà pas grand-chose.  

L’alimentation est à la croisée des grands enjeux. Soit, l’environnement, la démocratie et le pouvoir d’achat. Décider de ce qu’on mange, ça devrait être un choix collectif, pas un système imposé par quelques acteurs économiques.

On essaie de nous faire croire que c’est très compliqué, mais c’est faux. La responsabilité individuelle existe, mais elle ne pèse pas autant que celle de l’État, de l’industrie agroalimentaire et de la grande distribution. Tous adoptent une stratégie claire : “pas vu, pas pris”. Notre rôle, chez Foodwatch, c’est de rendre visibles ces fautifs, de les exposer.

Comment ces géants justifient-ils leur pouvoir et comment Foodwatch agit concrètement ?

Ils ont une procédure bien rodée. Ils essaient notamment de faire croire que si les agriculteurs sont mal rémunérés, c’est parce que les consommateurs veulent des produits pas chers. C’est faux. Fin 2023, on a démontré que tout le monde profitait de l’inflation, sauf ceux qui travaillent la terre et ceux qui peinent à se nourrir.

Notre levier, c’est donc l’enquête et la dénonciation publique. On va chercher le talon d’Achille de ces entreprises. Souvent, leur image de marque. On va ensuite les mettre face à leurs contradictions en donnant les noms des produits, des marques, en montrant des cas concrets de pratiques abusives. Par ces biais, on dit clairement : « On vous voit ».

Avez-vous des exemples récents d’actions menées avec Foodwatch ?

Par exemple, le 15 janvier 2025, on a sorti une enquête sur 400 produits pour soulever la problématique du sucre. Il y en a partout, même dans des boîtes de petits pois. Les produits les moins chers sont souvent plus sucrés, parce que le sucre est notamment un exhausteur de goût facile et bon marché. Ce qui est une double peine pour ceux qui ont le budget le plus serré.

On a fait une deuxième enquête sur 5 000 supermarchés pour analyser leurs promotions. Résultat : seulement 10 % sont en accord avec les recommandations de santé publique. Ça veut dire qu’on pousse les gens à acheter des produits mauvais pour la santé. On s’attaque aussi aux additifs à base de nitrites, notamment dans la charcuterie. Des marques comme Fleury Michon ou Herta continuent d’en vendre. Pourtant, aujourd’hui on sait que les nitrites exposent à un risque accru de cancer colorectal. 

Êtes-vous optimiste sur la capacité à changer ce système à travers Foodwatch ?

Oui. Car, en réunissant nos forces, on peut faire bouger les choses. Foodwatch a déjà plus de 500 000 abonnés à sa newsletter en France. C’est énorme. Il faut aussi arrêter d’opposer les agriculteurs et les consommateurs ! Le vrai combat, c’est contre ce système qui détruit l’environnement, abîme la santé publique et laisse des millions de gens sur le carreau. 

On ne devrait pas avoir à se battre pour ça. Mais tant que c’est nécessaire, on continuera. Reprendre le contrôle sur ce que l’on mange, c’est reprendre du pouvoir.

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