PARIS, 27 août (Le Parisien Matin) – Une nouvelle obligation d’affichage est entrée en vigueur dans les stations-service le jeudi 27 août 2026. Un arrêté du 22 juillet, publié au Journal officiel le mercredi 26 août, a actualisé les règles applicables au gazole et aux essences E5 et E10 pour renforcer la transparence sur la composition des carburants.

Le changement le plus visible pour les automobilistes a concerné les pompes distribuant certains supercarburants sans plomb. Lorsque le carburant a contenu des additifs métalliques, l’appareil de distribution a dû afficher de manière « visible et lisible » la mention :

« Contient des additifs métalliques ».

Cette obligation a figuré à l’article 8 de l’arrêté. Elle a visé uniquement les essences de type E5 et E10 intégrant ces composés dans leur formulation.

L’objectif affiché a été de permettre une meilleure traçabilité sur la composition précise du carburant injecté dans le moteur. Les exploitants ont été chargés d’apposer cette signalétique sur l’appareil concerné.

L’arrêté a également fixé une limite concernant la présence de manganèse dans ces carburants.

Pour le supercarburant sans plomb comme pour le SP95-E10, les tableaux définissant leurs caractéristiques ont intégré une teneur maximale en manganèse de 2 mg par litre.

Plusieurs autres paramètres techniques des essences ont été actualisés afin d’aligner la réglementation nationale sur les évolutions européennes.

Des caractéristiques actualisées pour le gazole

Le texte est allé au-delà de l’affichage à la pompe. Il a adapté la réglementation française aux normes NF EN 590 pour le gazole et NF EN 228 pour l’essence sans plomb.

Ces deux normes ont été mises à jour par le Comité européen de normalisation en juillet 2025. Trois arrêtés français relatifs au gazole et aux essences E5 et E10 ont ainsi été modifiés.

Pour le gazole, de nouvelles exigences ont porté sur le nombre de particules au point de certification. L’arrêté a fixé un maximum de 10 000 particules d’au moins 4 micromètres.

Le texte a précisé que cette exigence s’est appliquée uniquement au point où le carburant a été certifié et non aux autres étapes de la chaîne d’approvisionnement. Les dispositions ont concerné les personnes physiques ou morales qui ont mis à la consommation des carburants destinés aux véhicules routiers.

Ce que révèle vraiment cette nouvelle étiquette

Derrière une simple phrase collée sur une pompe se cache un bras de fer plus ancien que beaucoup d’automobilistes ne l’imaginent.

L’additif métallique visé ici, c’est dans la quasi-totalité des cas le MMT, le méthylcyclopentadiényl manganèse tricarbonyle. Un booster d’octane peu cher, utilisé pour remplacer une partie des composés plus coûteux. Pour les metteurs à la consommation, l’intérêt est économique. Pour les constructeurs, il est problématique.

Depuis des années, les réseaux après-vente remontent les mêmes constats : bougies encrassées, sondes lambda faussées, filtres à particules colmatés prématurément.

Le manganèse ne brûle pas proprement, il laisse un dépôt rougeâtre conducteur. Sur une vieille Clio 2, peu d’effet. Sur un moteur Euro 6d à injection directe avec catalyseur à trois voies et FAP essence, l’addition peut devenir salée.

La France n’a fait que transposer. Les normes EN 228 et EN 590 révisées en juillet 2025 par le CEN ont entériné ce que l’industrie automobile demandait : plafonner à 2 mg/L et surtout informer. Jusque-là, le consommateur n’avait aucun moyen de savoir.

Il choisissait un E10 en pensant faire un geste pour le porte-monnaie, sans savoir qu’il embarquait un additif que son constructeur déconseille explicitement dans le manuel.

Cette mention « visible et lisible » est donc un compromis. Bruxelles n’a pas interdit le MMT, sous pression de certains raffineurs, mais elle a rendu son usage traçable.

Demain, en cas de panne, un expert pourra se retourner vers la pompe. Et le client, lui, pourra choisir une autre pompe de la même station qui n’affiche pas l’étiquette.

C’est une transparence à minima, mais c’est la première fois que la composition chimique fine sort du laboratoire pour arriver jusque sur le pistolet.

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