BRUXELLES, 9 juin (Le Parisien Matin) – Le Premier ministre belge Bart De Wever a récemment exprimé son inquiétude quant à la frilosité des dirigeants européens face à la Chine. Lors d’un événement organisé par des think tanks pro-européens, il a souligné que l’Union européenne doit cesser de multiplier les initiatives éparses pour adopter une véritable stratégie unifiée.
Une menace systémique sous-estimée
Le chef du gouvernement belge a déploré que le nom du géant asiatique soit parfois évité dans les documents officiels par peur de froisser Pékin. Pour Bart De Wever, la Chine déploie une planification de long terme qui surpasse largement les initiatives sporadiques de Bruxelles.
« Une stratégie est en train de manger nos initiatives au petit-déjeuner », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que la domination économique de la Chine ne peut plus être ignorée par les instances dirigeantes.
Dépendances et concurrence déloyale
La dépendance de certains pays européens, particulièrement l’Allemagne, envers les secteurs industriels où la Chine s’étend agressivement est un point de tension majeur. Le Premier ministre belge pointe du doigt les subventions d’État massives qui permettent à la Chine d’imposer une concurrence déloyale. Bien qu’il rejette une guerre des subventions ou un protectionnisme fermé, il plaide pour une utilisation plus affirmée des instruments de défense commerciale existants.
Vers un nouveau modèle de puissance
Pour éviter la domination de la Chine, Bart De Wever suggère que l’Europe se positionne comme une alliance de puissances moyennes, garante de l’État de droit et de la stabilité mondiale. Cette approche consisterait à diversifier les chaînes de valeur et à exiger une réciprocité stricte dans l’accès aux marchés. L’objectif est de transformer l’Europe en une étoile polaire, capable de proposer une alternative crédible face aux pressions exercées par les deux grandes puissances mondiales.
Le changement de ton diplomatique
L’évolution des relations diplomatiques est illustrée par l’expérience personnelle du dirigeant. Alors qu’il y a dix ans, les échanges avec les représentants chinois étaient empreints de diplomatie, le ton a radicalement changé. Il rapporte des pressions directes sur les investissements portuaires à Anvers, soulignant qu’une Europe divisée face à la Chine est une cible facile pour ce qu’il qualifie d’impérialisme économique. La réponse à cette menace reste, selon lui, l’urgence absolue pour le prochain sommet européen.


