PARIS, 23 août (Le Parisien Matin) – Une enquête publiée le 23 août par Mediapart a révélé que deux groupes de militaires français s’étaient affichés avec le drapeau de la Rhodésie, symbole associé au suprémacisme blanc. Les clichés, diffusés sur les réseaux sociaux, ont provoqué l’ouverture d’une procédure disciplinaire par le ministère des Armées.
Deux clichés séparés par 5 000 kilomètres
L’investigation du journaliste Sébastien Bourdon pour Mediapart reposa sur deux photographies distinctes. Elles furent diffusées notamment sur une page Instagram dédiée à la Rhodésie suivie par plus de 68 000 abonnés.
La première montra six militaires du 2e régiment étranger d’infanterie (2e REI) posant dans leur caserne à Nîmes, dans le sud de la France. La seconde mit en scène quatre soldats français en tenue de combat lors d’un exercice aux Émirats arabes unis, devant un char Leclerc.
Le drapeau vert et blanc correspond à la Rhodésie pour la période 1968-1979. Il renvoie à un régime ségrégationniste dirigé par une minorité blanche en Afrique australe.
Dans l’imaginaire de la mouvance radicale d’ultra-droite, ce symbole fut réinvesti à l’échelle internationale. Il est utilisé comme référence nostalgique du suprémacisme blanc et d’une mythologie de la « guerre des races », au même titre que d’autres écussons ou slogans extrémistes.
Le ministère annonce des poursuites
Sollicité par le média d’investigation, le ministère français des Armées chercha à éteindre l’incendie. L’institution confirma avoir formellement identifié les militaires présents sur les clichés.
Une procédure disciplinaire fut ouverte. Le ministère précisa que l’affaire était susceptible de déboucher sur des « sanctions disciplinaires sévères », selon le ministère des Armées.
Les autorités réaffirmèrent une position ferme, déclarant que les armées ne tolèrent,
« aucune manifestation à caractère raciste, suprémaciste ou extrémiste ».
Selon le ministère des Armées.
Parallèlement, les autorités multiplièrent les interdictions face à la résurgence de mouvements radicaux.
En Conseil des ministres, le gouvernement acta la dissolution du groupe d’ultradroite Patria Albiges, basé à Albi, pour ses appels à la violence et à la discrimination.
À Lyon, la préfecture du Rhône interdit une manifestation organisée par le collectif identitaire « Objectif Remigration », groupement s’inscrivant dans la lignée des théories de défense ethnoculturelle.
Un terme au cœur de la présidentielle
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, le terme « suprémacisme » devint une arme politique majeure.
Lors de ses meetings, Jean-Luc Mélenchon accusa le Rassemblement national de porter un projet de « suprémacisme » visant à hiérarchiser et diviser les citoyens selon leur ethnie ou leur religion. Le sujet fit l’objet de conférences lors des Amfis 2026, les universités d’été de La France insoumise.
En parallèle, des mouvements de droite et d’extrême droite, appuyés par certaines décisions judiciaires liées à des faits divers violents, dénoncèrent ce qu’ils qualifièrent de hausse du racisme anti-blancs. Ils accusèrent la gauche d’importer des théories de « lutte des races » au détriment de la cohésion nationale.


