VIENNE, 12 août (Le Parisien Matin) – Un tribunal autrichien a condamné mercredi deux cousins bélarusses pour avoir violé les contrôles à l’exportation en livrant à des entreprises russes des équipements utilisés pour fabriquer des moteurs de missiles et d’avions de chasse.
Les deux associés de l’entreprise ont plaidé coupable de violation des sanctions de l’Union européenne.
Un directeur et sa comptable jugés
Le principal accusé, un homme de 28 ans non nommé, dirigeait une société basée à Vienne. Sa cousine de 24 ans gérait la comptabilité.
« Je suis vraiment désolé pour toute cette situation ».
A déclaré le principal accusé.
Les deux cousins se sont brièvement exprimés avant de refuser de répondre à d’autres questions.
Il a affirmé avoir agi sur instruction de son père et de son oncle, employés par une société russe non précisée. Le parquet a estimé qu’il n’avait pas eu un rôle « dirigeant » dans le dispositif en place depuis 2022.
L’entreprise utilisait un réseau de sociétés écrans dans des pays tiers et falsifiait des certificats d’utilisateur final pour expédier des outils spéciaux de travail des métaux et des machines à commande numérique (CNC).
Les enquêteurs ont identifié des structures en Turquie, à Hong Kong, aux Émirats arabes unis, au Kirghizistan, en Corée du Sud, en Pologne et en Lituanie pour masquer les livraisons.
Des livraisons pour le conglomérat Rostec
Le matériel a été envoyé à des entités liées à Rostec, conglomérat de défense russe, pour fabriquer des composants de missiles de croisière et d’avions de chasse, selon le gouvernement autrichien.
Des preuves saisies lors de quatre perquisitions en août dernier ont montré que plus de 3,3 millions d’euros de biens industriels avaient été livrés depuis 2022, a indiqué lundi le ministère de l’Intérieur.
Le jour de son arrestation en mai, des équipements CNC d’environ 140 000 euros ont été saisis.
L’homme a été condamné à 21 mois d’emprisonnement dont 19 avec sursis. Détenu depuis mai, il a été libéré à l’issue du procès. La femme a écopé de 15 mois avec sursis.
Tous deux ont renoncé à faire appel. Les services de renseignement ont indiqué que l’Autriche continuerait de réprimer le détournement de technologies européennes vers la logistique militaire russe.


